Serge Tremblay, président du Syndicat des employées et des employés manuels du soutien scolaire de Sherbrooke (SEM-CSQ), Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), et Nathalie Goulet, présidente par intérim du Syndicat du personnel technique et administratif (SPTA) de la CSRS, se sont adressés aux médias jeudi.

Violence à la CSRS : le personnel réclame des gestes concrets

Une centaine de déclarations d’incidents violents ont été déposées depuis les Fêtes au Syndicat du personnel technique et administratif (SPTA) de la CSRS, selon la présidente par intérim, Nathalie Goulet. De passage à Sherbrooke, le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, a demandé au gouvernement Legault de poser des gestes concrets afin d’améliorer le sort de ses membres, entre autres pour diminuer la violence subie dans leur milieu de travail.

La Fédération, qui mène une tournée nationale, souhaite aussi que des mesures soient prises pour diminuer la précarité et augmenter la rétention du personnel.

À l’instar du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), le SPTA fait partie des instances syndicales présentes au sein d’un comité à la CSRS qui aborde les questions de violence. Rappelons que le SEE avait réclamé la mise sur pied d’un tel comité avant les Fêtes. Les travaux ont récemment commencé. Le SPTA réclame notamment des balises claires pour encadrer le travail du personnel qui travaille auprès des élèves qui peuvent être violents. Le SPTA regroupe entre autres les éducateurs spécialisés, les préposés aux élèves handicapés, etc. Le SPTA représente environ 1900 membres.

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) n’a pas voulu accorder d’entrevue sur le sujet. « Nous prenons la situation au sérieux, et tel qu’annoncé il y a peu de temps, un comité de travail est formé et s’est déjà rencontré », a indiqué l’organisation.

Balayé sous le tapis

Un sondage mené dans la province par la Fédération avait révélé que près de trois répondants sur quatre (72 %) ont subi de la violence au cours de l’année scolaire 2017-2018. Le coup de sonde montrait que « le personnel de soutien qui côtoie plus directement les élèves semble plus à risque de subir de la violence ».

Éric Pronovost s’est désolé du fait que le gouvernement caquiste a beaucoup parlé de l’ajout de récréations et du déploiement des maternelles 4 ans, balayant sous le tapis des enjeux comme la violence en milieu scolaire.

« L’inertie du gouvernement en lien avec ces différentes problématiques nous force à croire qu’il n’y a pas de jours meilleurs qui s’en viennent », a commenté M. Pronovost.

Quelques heures

Selon Mme Goulet, l’un des aspects qui nuisent à l’attraction et la rétention des employés est le nombre d’heures de travail offert aux employés. Pour certaines catégories d’emploi comme les éducatrices en service de garde, il n’est pas rare de cumuler que quelques heures de travail par semaine, soutient Mme Goulet, en soulignant que l’employeur ne peut garantir d’heures.

Président du Syndicat des employées et des employés manuels du soutien scolaire de Sherbrooke (SEM-CSQ), Serge Tremblay a aussi fait valoir que la rétention était problématique du côté de ses membres, des concierges et des ouvriers. « Il y a eu beaucoup d’agrandissements et d’aménagements d’école : ça prend des gens pour les entretenir », a-t-il fait valoir.