Une manifestation pro-Alep a eu lieu à Montréal. À Sherbrooke, le rassemblement se déroulera sous forme de vigile aux chandelles.

Vigile en appui au peuple syrien

Sherbrooke témoignera de sa solidarité envers le peuple syrien, jeudi. Des citoyens organisent, en collaboration avec Amnistie internationale, un rassemblement devant l'hôtel de ville de Sherbrooke. « Peu importe qui bombarde qui, il y a des centaines de milliers de civils qui sont dans l'horreur », souligne Nathalie Plaat, l'une des instigatrices du rassemblement.
La Sherbrookoise s'est jointe aux artistes Carl Beauvais et Abigail Bajofer.
« On était réactionnaires au discours ambiant, qui est très indifférent (...) On veut poser un geste symbolique : on sait qu'on n'a pas le pouvoir d'arrêter le massacre des civils. On n'est pas dupes, on n'est pas des sentimentalistes, commente-t-elle. Il faut envoyer le message qu'on exige des standards moraux plus élevés. On fait partie de la génération qui a vu les massacres en Bosnie, au Rwanda... On débarque après et on se dit : ''Oh mon Dieu'' ».
« Il y a deux objectifs. Offrir du soutien aux Syriens qui sont ici, parce qu'on en a accueilli beaucoup, et ajouter notre goutte dans le discours mondial : tout le monde demande qu'on aide la population civile de la Syrie... », commente Mireille Elchacar, responsable de l'Estrie pour Amnistie internationale.
Jusqu'ici le conflit en Syrie a fait plus de 300 000 morts, de même que cinq millions de déplacés et de réfugiés.
Le rassemblement se tiendra à compter de 18 h en face de l'hôtel de ville. Les gens sont invités à amener leur chandelle pour la vigile. Des prestations artistiques sont prévues.
L'organisme de défense des droits invite la population à signer une pétition intitulée « Aidez les civils d'Alep en Syrie » demandant à la communauté internationale de protéger les civils.
Mireille Elchacar rappelle que selon l'ONU, environ 13,5 millions de Syriens ont un urgent besoin d'assistance humanitaire à l'intérieur du pays. « C'est encore monstrueux les besoins là-bas », souligne-t-elle.
Une résolution de l'ONU vient d'être adoptée pour dépêcher des observateurs à Alep.
« C'est un début, mais ça fait des mois, voire des années, qu'il y a ce genre d'observateurs. On espère que c'est le premier pas vers une assistance réelle aux civiles. On veut d'autres observateurs, pas juste pour faire taire les critiques, qu'ils soient là pour aider la population civile à être évacuée (...) On demande que des enquêteurs indépendants soient présents pour enquêter, on craint que des crimes de guerre soient commis. »
« Les gens se sentent très impuissants face à cette situation », note Mireille Elchacar.
La pétition, qui s'adresse aux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (le Royaume-Uni, les États-Unis, la Russie, la Chine et la France), réclame entre autres que « toutes les parties au conflit cessent de viser les populations civiles » et qu'elles permettent l'acheminement de l'aide humanitaire sans entrave.
Et le rôle du Canada?
« On est vraiment très content que le Canada ait accueilli à ce jour plus de 35 000 réfugiés syriens. La promesse a été tenue, mais il ne faut pas oublier que c'est une petite goutte dans l'océan des réfugiés syriens. Il y en a cinq millions qui sont sortis, la majorité est dans les cinq pays limitrophes... C'est un bon point de départ, mais il ne faut pas que ça s'arrête (...) On demande à ce que le Canada redevienne un chef de file en matière d'accueil des réfugiés. » Elle plaide également pour accélérer le processus d'accueil, notamment en ce qui concerne la réunification familiale.
Par ailleurs, Amnistie internationale lancera au Canada une campagne de sensibilisation sur la liberté d'expression en Arabie saoudite. Celle-ci, qui est produite principalement pour les groupes scolaires, doit être lancée en janvier prochain. « Ce sera une façon de contextualiser l'histoire de Raif Badawi », note Mireille Elchacar, en citant d'autres prisonniers d'opinion.