Michèle Rappe, Lynda Baril et Laurent Luneau sont les artistes derrière L'Aire de l'humanité.
Michèle Rappe, Lynda Baril et Laurent Luneau sont les artistes derrière L'Aire de l'humanité.

Victoriaville inaugure L'Aire de l'humanité

Yanick Poisson
La Tribune
La Ville de Victoriaville a profité du passage du Rallye de la diversité pour inaugurer L'Aire de l'humanité, une oeuvre créée par trois artistes de la région, en collaboration avec une quinzaine d'immigrants qui ont choisi de s'établir dans les Bois-Francs.
L'Aire de l'humanité consiste en un gingko biloba autour duquel on a coulé un quadrilatère de ciment d'environ deux mètres de diamètre avec une embouchure à l'un de ses coins. Les immigrants qui ont contribué à la création ont été invités à laisser leurs traces de pied ou de main dans le ciment et à enfouir un objet à cet endroit.
 
Laurent Luneau, l'un des auteurs de l'oeuvre, raconte que la cérémonie entourant l'enfouissement des objets a été particulièrement forte en émotion du fait que certains immigrants ont décidé d'abandonner des symboles très significatifs. «Une personne a enfoui le passeport de son pays d'origine, une autre un papier écrit contre la guerre et une autre une photo d'un enfant qu'elle a dû laisser derrière pour s'exiler», a-t-il indiqué.
L'histoire la plus touchante est celle d'un homme qui a quitté son père pour venir au Québec et qui en a perdu la trace. Comme il n'a aucune idée de l'endroit où il a été enterré, il a choisi de déposer dans la structure artistique des boutons de manchette lui ayant appartenu ainsi qu'une photo le représentant.
L'Aire de l'humanité deviendra pour lui un site de recueillement.
Les artistes ont choisi un gingko biloba parce que c'est une espèce d'arbre qui représente la longévité et parce qu'il a une croissance très lente, comme l'immigration, qui ne se fait pas en criant ciseau.
Le carré est, en mathématiques, un symbole de solidité et son coin manquant représente la désorientation des nouveaux arrivants et une porte de sortie pour ceux qui sont confinés à leur résidence.
Le tout est accompagné d'un montage sonore, et un DVD racontant la création de l'oeuvre dite «d'art relationnel» sera déposé dans les différentes bibliothèques nationales.