Le conseiller municipal Bruno Côté plaide que les VHR font partie du quotidien des citoyens de Potton. On l’aperçoit ici en compagnie de plusieurs partisans du règlement qui avait été adopté par la municipalité pour permettre aux utilisateurs de VHR de rouler sur le réseau routier local.

VHR sur les routes à Potton: Bonnardel désavoue le règlement municipal

Le règlement adopté par le Canton de Potton en mai dernier pour permettre la circulation des véhicules hors route (VHR) sur le réseau routier local ne pourra demeurer en vigueur. Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a décidé de désavouer ce règlement pour des « raisons de sécurité », selon les informations obtenues par La Tribune.

Le maire de Potton, Jacques Marcoux, a été informé verbalement de la décision du ministre des Transports à la fin de la semaine dernière. Sa municipalité devrait recevoir une lettre confirmant cette décision avant le week-end.

« Ce n’est pas sécuritaire, d’après nous, de laisser les VHR se promener sur le réseau routier. Le règlement de la municipalité sera donc annulé », précise Florence Plourde, attachée de presse de François Bonnardel.

Le cabinet du ministre Bonnardel sait pourtant que, dans certaines municipalités au Québec, les VHR peuvent rouler sur la voie publique. Mais cette pratique serait uniquement tolérée lorsqu’un ou des sentiers spécialement conçus pour ces véhicules se trouveraient à proximité. Or, Potton ne compte pas de sentiers d’importance pour cette catégorie de véhicules, qui inclut les quads et les VTT.

« Dans toutes les autres municipalités, les règlements font en sorte qu’il y a une tolérance pour permettre aux adeptes de se rendre sur des sentiers de VHR très utilisés et populaires. Ce n’est pas l’esprit de la loi que ces véhicules soient autorisés sur la route », souligne Florence Plourde.

Conseiller municipal à Potton, Bruno Côté digère très mal la décision de François Bonnardel, lequel est aussi le ministre responsable de l’Estrie. Il craint la réaction des résidants de longue date de sa municipalité, où les quads, les VTT et les motocross sont très populaires.

« Je suis en contact avec la municipalité de Saint-Michel-des-Saints et, là-bas, l’accès au réseau routier pour les VHR est très large. Je ne comprends pas pourquoi ce serait différent à cet endroit-là. Le ministre lui réserve-t-il le même sort qu’à nous? » se demande M. Côté.

Ayant lui-même piloté l’épineux dossier, ce conseiller municipal aimerait bien que la décision du ministre Bonnardel puisse être modifiée. Mais il semble qu’il n’existe aucun mécanisme officiel pour en appeler de celle-ci. La tâche s’annonce donc difficile.

« Malheureux »

Maire de Potton, Jacques Marcoux estime que le règlement qui avait été adopté par son administration était tout à fait légitime. « On nous nie le droit d’agir sur notre territoire. Je trouve ça malheureux, surtout que la circulation illégale des VHR sur nos routes va se poursuivre », déplore-t-il.

D’après M. Marcoux, cette décision risque de susciter des réactions. Il faut d’ailleurs rappeler que, lors de l’adoption du règlement en question, plusieurs dizaines de citoyens avaient convergé vers l’hôtel de ville. Les uns appuyaient les élus municipaux et les autres désapprouvaient sans ménagement l’orientation qu’ils avaient prise.


« Ce n’est pas sécuritaire, d’après nous, de laisser les VHR se promener sur le réseau routier. Le règlement de la municipalité sera donc annulé. »
Florence Plourde, attachée de presse de François Bonnardel

Les citoyens qui étaient opposés aux intentions du conseil, à l’époque, arguaient que les routes allaient devenir plus dangereuses, si on permettait aux véhicules hors route de circuler sur presque tout le réseau routier local. Les gens favorables soutenaient pour leur part qu’on rendrait simplement légale une pratique déjà existante.

Afin d’éviter que le nombre de VHR sur les routes devienne trop important, le Canton de Potton avait choisi d’émettre des vignettes spéciales. Ces dernières étaient réservées aux résidents et permettaient de profiter du règlement controversé.

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Émile Proulx-Cloutier est membre du groupe Action Potton, qui s’oppose au nouveau règlement.

Émile Proulx-Cloutier satisfait

 Membre du groupe Action Potton, le comédien et chanteur Émile Proulx-Cloutier a appris avec satisfaction que le règlement controversé du Canton de Potton concernant les VHR a été désavoué par le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel.

« Je me sens rassuré par cette décision du ministre Bonnardel. Je sais que ce n’est pas très fréquent ce genre de désaveu, mais je trouve que c’est rationnel et bien soupesé dans les circonstances », soutient M. Proulx-Cloutier, qui vit pendant une partie de l’année à Potton.

L’artiste bien connu est d’avis que le processus ayant mené à l’adoption du fameux règlement sur les VHR, à Potton, s’est effectué trop rapidement et n’a pas permis à la population de s’exprimer suffisamment. 

« Encore aujourd’hui, il y a des gens qui ne sont pas au courant du changement de réglementation survenu. Ils ont fait ça vite sans consulter alors que ce n’était pas un petit truc comme rénover un coin de rue, par exemple », dit-il.

Émile Proulx-Cloutier ajoute que le discours de la municipalité ne lui est jamais apparu très cohérent dans ce dossier. « Les justifications changeaient continuellement. Et puis les gestes posés n’allaient pas avec les paroles. Entre autres, ils ont installé des pancartes pour dire que les VHR étaient acceptés sur les routes, mais ils ne précisaient pas sur celles-ci qu’il fallait une vignette pour profiter du règlement. »

Évidemment, M. Proulx-Cloutier considère aussi que des enjeux de sécurité étaient à considérer dans ce dossier. « Une des craintes, c’était que les routes deviennent une piste de course. Et, en plus, on savait que les VHR représentaient un danger réel, d’après les données existantes », confie-t-il. Jean-François Gagnon