Inspirés par le film Tirelire Combines & Cie, Mathias, 6 ans, et Thierry, 9 ans, ont créé une entreprise. Mais au lieu de mettre les profits dans leurs poches, ils les verseront à Moisson Estrie.
Inspirés par le film Tirelire Combines & Cie, Mathias, 6 ans, et Thierry, 9 ans, ont créé une entreprise. Mais au lieu de mettre les profits dans leurs poches, ils les verseront à Moisson Estrie.

Version solidaire de Tirelire Combines & Cie

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Mathias et Thierry Lequin-Beaupré, respectivement âgés de 6 et 9 ans, se sont lancés en affaires en début de semaine. Ils offrent à leurs clients d’arracher les pissenlits sur leur pelouse en échange d’une contribution volontaire qui sera versée à Moisson Estrie.

L’idée de l’entreprise d’arrachage de pissenlits est inspirée d’un cadeau de fête des Pères reçu en avance et d’un film.

« Depuis le début de la pandémie, on a eu le temps de regarder tous les films de la série québécoise Contes pour tous et c’est en regardant Tirelire Combines & Cie que les gars ont eu envie de créer une compagnie », explique le père des deux garçons, Samuel Lessard-Beaupré, précisant que, dans ce film datant de 1992, Vincent Bolduc joue le personnage de Charles, un jeune de 12 ans qui démarre son entreprise. 

« Aussi, j’avais demandé un arrache-pissenlits pour la fête des Pères et j’ai reçu mon cadeau en avance. Les gars ont tout de suite voulu essayer l’outil. Ils trouvaient ça tellement le fun qu’ils ont décidé que ce serait le cœur de leur entreprise », ajoute le père de famille.

Mathias et Thierry ont hérité de la fibre entrepreneuriale de leur père, qui a fondé le Café de quartier Le Tassé, en 2010, et plus récemment l’entreprise Géogène Micro-torréfacteur.

Au départ, le marché visé était les voisins immédiats et les garçons pensaient se faire de l’argent de poche. Mais leur mère les a convaincus de verser les profits à une bonne cause.

« Ma blonde, Marie-Claude Lequin, est très pédagogue. Elle a demandé aux gars s’ils avaient vraiment besoin d’argent ou si cet argent pourrait être plus utile à d’autres. On a été surpris, mais même le plus jeune a embarqué facilement dans ce concept. Alors en plus d’apprendre ce qu’est de gérer une business, les enfants apprennent la solidarité et l’entraide. On fait d’une pierre plusieurs coups », souligne Samuel, précisant que ses enfants côtoient dans leur quartier des amis qui sont moins nantis, alors il a été plus facile de les sensibiliser à la cause. 

L’entreprise a une dizaine de contrats déjà. « On en a 3 ou 4 de faits et les autres seront faits dans les prochains jours. Certains ont 4 ou 5 pissenlits et les engagent plus pour encourager la cause et les gars. D’autres en ont partout sur leur terrain. Je dois préciser que les garçons s’engagent à arracher les pissenlits pendant une heure. Ils sont jeunes et si on va au-delà de ça, ils perdent de la motivation et de la concentration », note le papa, ajoutant que l’entreprise ne s’est pas fixé d’objectif de profit mais que les gens sont très généreux jusqu’à présent.