Le Centre d’initiatives en agriculture de la région de Coaticook (CIARC) veut se transformer en institut bioalimentaire dont l’expertise permettra d’offrir des services aux entreprises tout en formant la relève agricole.
Le Centre d’initiatives en agriculture de la région de Coaticook (CIARC) veut se transformer en institut bioalimentaire dont l’expertise permettra d’offrir des services aux entreprises tout en formant la relève agricole.

Vers un pôle d’expertise agricole en Estrie

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Sherbrooke — Les ambitions du Centre d’initiatives en agriculture de la région de Coaticook (CIARC) ont pris une ampleur sans précédent dans les derniers mois. Les ébauches de nouvelles infrastructures pour la ferme-école, qui sont dans les cartons depuis plus d’un an, se sont finalement transformées en projet d’institut bioalimentation d’envergure qui vise à développer une véritable expertise agricole en Estrie. 

Le CIARC, qui accueille les étudiants de programmes agricoles du Centre de formation professionnelle de Coaticook (CRIFA) et du Cégep de Sherbrooke, se dissoudrait éventuellement pour laisser place à cette nouvelle entité qui se consacrerait également à offrir des services aux entreprises de la région de l’Estrie. Un regroupement de partenaires prendrait ainsi le relais du conseil d'administration actuel en ce qui a trait à la gouvernance. 

Les formations professionnelles et collégiales en agriculture données par les institutions partenaires y seraient regroupées, tandis que des discussions seraient en cours sur la possibilité d’y établir des centres de transfert technologique de niveau universitaire, note Nicos Keable-Vézina, le consultant qui a reçu le mandat du CIARC pour mener le projet. Un financement de 50 000 $ a été annoncé lundi par le Fonds d’appui au rayonnement des régions pour financer une partie des services de celui-ci dans ce projet, qui se concrétiserait au courant des cinq prochaines années. 

Jusqu’à l’automne dernier, le discours du CIARC s’articulait uniquement autour de la modernisation de sa fameuse longue grange rouge centenaire. « Les bailleurs de fonds et les partenaires nous ont fait comprendre que le milieu voulait un projet plus structurant. La grande réalisation du CIARC depuis trente ans, c’est d’avoir réussi à faire un pôle de formation. Présentement, il n’a plus nécessairement les ressources pour passer à la deuxième étape. Pour aller plus loin, il faut un projet qui est plus estrien. On doit aussi commencer à consolider de l’expertise, un peu comme l’Institut national d’agriculture biologique à Victoriaville et l’Institut de technologie agroalimentaire à Saint-Hyacinthe », dit M. Keable-Vézina. 

Cette expertise qui distinguera la région se déclinera en trois axes, soit la numérisation et la robotisation du secteur bioalimentaire, le développement des plantes pérennes et de l’agriculture régénératrice ainsi que la transformation locale des aliments. 

« Le premier enjeu auquel on a voulu s’attaquer est la pénurie de main-d’œuvre, qui est devenue un encore plus gros problème avec la COVID-19, dit M. Keable-Véniza. Il y a aussi tout l’enjeu de l’adaptation aux changements climatiques. » 

Cette spécialisation permettra également de mieux préparer le milieu aux changements climatiques, et de les aider à ouvrir les marchés extérieurs.

De nouvelles infrastructures sont toujours dans les plans, mais celles-ci viendront plutôt appuyer la mission première de l’institut bioalimentaire.  

« On est vraiment dans un stade où on veut mobiliser les gens, poursuit M. Keable-Vézina. On s’est assis avec les institutions et les personnes impliquées, et tout le monde a confirmé leur intérêt d’avancer la démarche. Il reste à définir ce que seront les paramètres des premiers partenariats. En même temps, on veut déjà commencer à faire des projets d’innovation en allant chercher des fonds distincts pour ceux-ci. Des comités consultatifs ont été créés, et les projets devraient s’enclencher d’ici septembre ou octobre 2020. »  

Plus d’étudiants 

Actuellement, près de 45 étudiants du Cégep de Sherbrooke fréquentent la ferme-école du CIARC, tandis que la moitié des élèves du CRIFA, soit environ 150, étudient dans le secteur bioalimentaire. Le projet d’institut bioalimentaire vise une augmentation « très significative » des étudiants qui fréquenteront les programmes des deux institutions d’ici cinq ans, selon M. Keable-Vézina. 

« Ce qu’on voyait, c’est que même si on avait une augmentation des étudiants année après année, beaucoup allaient étudier l’agriculture ailleurs. On veut les garder ici en plus d’attirer des étudiants de l’extérieur avec nos axes d’expertise. »