Un véritable « quartier expérimental » pourrait voir le jour au parc Innovation de l’Université de Sherbrooke, une sorte de « mini-zone d’expérimentation » de différentes technologies. Ci-dessus, le concentrateur solaire que l’on aperçoit dans le parc.
Un véritable « quartier expérimental » pourrait voir le jour au parc Innovation de l’Université de Sherbrooke, une sorte de « mini-zone d’expérimentation » de différentes technologies. Ci-dessus, le concentrateur solaire que l’on aperçoit dans le parc.

Vers un « quartier expérimental » au parc Innovation

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Un véritable « quartier expérimental » pourrait voir le jour au parc Innovation de l’Université de Sherbrooke, une sorte de « mini-zone d’expérimentation » de différentes technologies, décrit l’institution.

Les projets varieront selon les technologies que les entreprises veulent tester. Dans cette zone, les chercheurs pourraient notamment voir comment les gens qui y habitent réagissent à la technologie. On peut penser autant à des initiatives sur l’impact du numérique dans l’amélioration du quotidien ou l’interaction des véhicules autonomes, illustre Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation et aux partenariats à l’UdeS.

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« Un projet comme celui-là, c’est très transversal. On a une intégration très forte avec la Ville. » Le parc serait ainsi appelé à prendre de l’expansion et prendre vie sous le concept de work, live and play, devenant ainsi un véritable milieu de vie. Le concept pourrait s’inspirer d’Innovation Place, rattachée à l’Université de Saskatchewan et du Tech Parks Arizona de Tucson.

Rappelons que l’UdeS souhaite obtenir un changement au schéma d’aménagement de la Ville de Sherbrooke. Celui-ci devra être approuvé par Québec. L’institution souhaite obtenir une affectation « publique et institutionnelle », jugée plus appropriée, alors que celle-ci est en partie « industrielle de haute technologie, de recherche et de développement ». 

« Sur le plan administratif, on fait seulement aligner le zonage du parc Innovation sur celui de l’UdeS », précise M. Aimez.

Même si un document présenté au conseil municipal de Sherbrooke faisait état de résidences universitaires, M. Aimez note que ce n’est pas réellement dans les plans; on pense davantage à du logement complémentaire.

« Il n’y a aucun projet qui serait déployé s’il n’y a pas de recherche et d’innovation (...) Il faut que ce soit relié aux besoins des partenaires industriels », précise-t-il. Il ajoute également que cela ne change en rien à Well Inc, dont l’UdeS est partenaire. Les visées de l’UdeS pourraient servir de facteur d’attraction, note M. Aimez en soulignant que l’institution pourrait ainsi attirer des partenaires qui voudront s’installer dans le parc industriel.

À court terme, d’ici la fin novembre, un parc solaire et un complexe hydrologique verront le jour au parc Innovation. Les travaux d’infrastructures du parc solaire sont sur le point de commencer; le début variera en fonction de la météo. Au chapitre de la recherche, il s’agirait du plus grand parc solaire au Canada, selon M. Aimez. Le parc, qui vise à redistribuer l’énergie dans le réseau d’Hydro-Sherbrooke, comptera deux parties : photovoltaïque et solaire thermique. Il regroupera quatre ou cinq technologies différentes.

La création du parc survient alors que l’entreprise Bitfarms, géant québécois du bitcoin et entreprise technologique utilisant la chaîne de blocs, a annoncé qu’elle s’installait à Sherbrooke. Une autre entreprise du même genre doit aussi s’établir à Sherbrooke.

« C’est un excellent exemple où les opportunités sont multiples. D’abord ces gens-là ont besoin d’énergie — et si elle est propre, c’est tant mieux! —, mais il y a aussi beaucoup d’autres opportunités de discussions, parce que leur expertise, ce n’est pas juste la cryptomonnaie, c’est le block chains (chaîne de blocs), la sécurisation des données. Parmi les projets d’intérêt majeur qu’on planifie de discuter avec ces partenaires, c’est le block chain pour l’énergie. On peut imaginer que le positionnement de Sherbrooke soit unique à ce niveau-là... »

Le parc Innovation compte actuellement trois bâtiments : le Centre de technologies avancées BRP-UdeS, le 3IT et le Centre de mise à l’échelle. Entre 300 et 400 chercheurs, étudiants et employés gravitent autour de ce parc situé devant l’école secondaire du Triolet.