Le tri à la source et la consigne sur les bouteilles de verre pourraient bien être la solution pour gérer la crise des matières recyclables, estiment les membres du groupe Verre-Vert, qui tenait une activité de sensibilisation vendredi devant le centre de tri de Sherbrooke.

Verre-Vert plaide pour le tri à la source

Il n’y a qu’une seule solution pour résoudre la crise de la gestion des matières recyclables et elle passe par par un tri à la source et une consigne sur les bouteilles de verre, estime le comité Opération Verre-Vert, qui se mobilise dans cette voie depuis 2014.

« Le problème, c’est que ce n’est pas bien trié. On a mis ensemble des choses qui ne vont pas ensemble du tout. On a construit une tour de Babel et on voudrait que les centres de tri gèrent tout ça. Ensuite on investit dans de la machinerie qui donne des résultats inefficaces », dénonce Jean-Claude Thibault, porte-parole d’Opération Verre-Vert.

Le plus récent bilan de Recyc-Québec semble lui donner raison. On y apprend que seulement 54 pour cent des matières recyclables étaient recyclées. Une note peu réjouissante lorsqu’on considère que l’objectif provincial est fixé à 70 pour cent.

C’est ce qui a motivé des citoyens d’un peu partout en Estrie à se mobiliser pour une meilleure gestion des matières recyclables.

Plusieurs d’entre eux se sont donné rendez-vous vendredi devant le centre de tri Récup-Estrie dans le cadre de l’opération Verre-Vert.

« Malgré les investissements technologiques, le produit fini ne répond pas aux critères de qualité pour notre industrie. Pour avoir du bon verre, il faut repenser le système de récupération de nos matières recyclables et trier le verre à la source », a déclaré Éric Dumas, président du Syndicat des Métalllos chez Owens Illinois.

Après la décision de la Chine de ne plus importer nos matières recyclables jugées inutilisables, voilà que de grandes entreprises québécoises comme Cascades, Kruger et Owens-Illinois sont elles aussi obligées d’aller chercher leurs matières recyclables à l’extérieur du Québec.

14 % du verre recyclé

Il faut dire que c’est le recyclage du verre qui pose le plus problème, alors que seulement 14 pour cent de celui-ci était recyclé en 2015. On parle ainsi concrètement de près de neuf bouteilles sur dix qui échouent dans les centres d’enfouissement et n’auront jamais une deuxième vie.

« Au fil des ans, on a préféré augmenter les quantités des matières recyclables que nous récupérons, toutefois cela s’est fait au détriment de la qualité. Nous en mesurons les conséquences aujourd’hui », a livré M. Thibault en lisant une lettre de Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

La MRC du Val-Saint-François vient tout juste de recevoir le rapport de Recyc-Québec portant sur la pertinence de l’implantation d’un réseau de dépôt volontaire du verre sur l’ensemble de son territoire.

Sylvie Lapointe, mairesse de Cookshire-Eaton a tenu à prendre la parole à la toute fin du rassemblement en s’adressant au comité.

« Lors de la prochaine réunion des maires, je vais vous représenter et ça va me faire plaisir que la MRC du Haut-Saint-François s’implique ardemment là-dedans. Je voudrais être la première municipalité de la MRC à officiellement instaurer un bac où les citoyens pourront aller porter leurs bouteilles », a-t-elle lancé.

L’activité reprend peu à peu à Récup Estrie

Les opérations reprendront graduellement chez Récup Estrie, mais cela pourrait prendre encore deux mois avant de pouvoir traiter les ballots qui sont présentement stockés.

Après la décision de rompre le contrat avec Ricova le 1er juin, l’ancien exploitant s’est occupé de retirer ses machines du centre et de libérer les lieux.

« Ricova a quitté les lieux comme elle devait le faire. On s’est occupé de contacter les employés mardi dernier et certains se sont présentés dès le lendemain, puis graduellement », explique Hugues Grimard, président du conseil d’administration de Récup Estrie et maire d’Asbestos.

Il faudra toutefois prévoir encore quelque temps avant de pouvoir traiter les matières recyclables puisque certaines étapes s’imposent.

« On remet l’usine en état de fonctionnement, on presse la matière à l’intérieur du centre de tri et on s’occupera de celle à l’extérieur par la suite. »

La Ville de Sherbrooke a annoncé qu’elle devait reporter une autre collecte de matières recyclables, alors que le centre de tri Récup Estrie reprend peu à peu les opérations. On ne la traite pas encore, on ne fait que la mettre en ballot, car on veut s’assurer que l’usine soit fonctionnelle avant de commencer à le faire », affirme-t-il.

Après avoir déjà appris que les collectes de matières recyclables prévues le lundi 11 juin et le mardi 12 juin ont elles aussi été reportées respectivement à ce vendredi 15 juin, et à ce samedi 16 juin, voilà maintenant qu’un autre report aura lieu. La Ville de Sherbrooke annonçait vendredi que la collecte du lundi 18 juin sera reportée au vendredi 22 juin.