La taille des pylônes, généralement entre 40 et 70 mètres, est déterminée par le fait que c’est l’air qui sert d’isolant électrique pour les lignes à haute tension, si bien qu’Hydro-Québec doit s’assurer que les fils ne descendent pas sous une certaine hauteur, afin d’éviter que le courant ne se transmette aux objets au sol. La taille des pylônes est choisie en fonction de ça et selon la topographie locale.

Vérification faite: trop de failles géologiques à l’île d’Orléans?

L’affirmation: «Les failles géologiques qu’on retrouve entre Sainte-Pétronille et Saint-Laurent sont, paraît-il, au nombre de plus d’une quinzaine. J’ai entendu que c’est pour cette raison que les pylônes d’Hydro-Québec qui sont là sont plus bas que toutes les autres tours au Québec : parce que le roc n’est pas bon à cet endroit. Est-ce vrai? Et est-ce que cela posera problème pour un éventuel troisième lien?», demande G. Bédard.

LES FAITS

En fait, il semble que la prémisse de la question soit fausse : la ligne à haute tension qui passe là n’est pas soutenue par des pylônes plus bas que la moyenne, assure le porte-parole d’Hydro-Québec Maxence Huard-Lefebvre. Et de toute manière, ajoute-t-il, le type de sol n’influence pas la hauteur à laquelle passent les lignes à haute tension, mais uniquement le type de fondation que l’on construit pour les pylônes. La taille des pylônes, généralement entre 40 et 70 mètres, est déterminée par le fait que c’est l’air qui sert d’isolant électrique pour les lignes à haute tension, si bien qu’Hydro-Québec doit s’assurer que les fils ne descendent pas sous une certaine hauteur — afin d’éviter que le courant ne se transmette aux objets au sol. La taille des pylônes est choisie en fonction de ça et selon la topographie locale.

Dans le cas de la pointe ouest de l’île d’Orléans, c’est l’endroit où les fils traversent le fleuve et doivent parcourir une assez grande distance sans être supportés. C’est pourquoi les pylônes de l’endroit sont plus hauts que la moyenne, dit M. Huard-Lévesque.

Cela dit, il est vrai qu’il existe plusieurs failles géologiques dans ce secteur, et il est aussi vrai que le roc est pas mal fracturé à ces endroits. Comme on peut le lire dans l’étude du professeur de la Polytechnique Bruno Massicotte, qui devait se prononcer sur la faisabilité d’un tunnel passant sous le fleuve dans ce secteur, «l’ensemble des failles de chevauchement situées sur le profil du tunnel sont inactives et aucun tectonisme n’est présent dans ces failles. On considère toutefois que le massif rocheux est de mauvaise à très mauvaise qualité à l’approche et au droit des failles» (p. 21).

Cependant, il faut noter que cela ne constitue aucunement un obstacle majeur. Cela signifie simplement que «les matériaux fracturés sont moins durs et donc plus faciles à excaver, mais en contrepartie qu’ils doivent être supportés lors de l’excavation», nous a écrit M. Massicotte lors d’un échange de courriels. Il existe également des manières bien connues en ingénierie pour «asseoir» le tunnel solidement dans des cas semblables.

LE VERDICT

Faux. Il existe plusieurs failles dans les environs de la pointe ouest de l’île d’Orléans, mais elles n’ont rien à voir avec la taille des pylônes qui sont plantés là, et elles ne constituent pas un défi technique particulier pour un éventuel tunnel qui passerait par là.

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