De 20 à 35 millimètres de verglas sont attendus dans la nuit de samedi à dimanche à Sherbrooke, poussant l‘organisation municipale de sécurité civile de Sherbrooke (OMSC) à passer en état d’alerte.
De 20 à 35 millimètres de verglas sont attendus dans la nuit de samedi à dimanche à Sherbrooke, poussant l‘organisation municipale de sécurité civile de Sherbrooke (OMSC) à passer en état d’alerte.

Verglas et risque d'inondation à Sherbrooke

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
La Presse canadienne
De 20 à 35 millimètres de verglas sont attendus dans la nuit de samedi à dimanche à Sherbrooke, poussant l‘organisation municipale de sécurité civile de Sherbrooke (OMSC) à passer en état d’alerte. De plus, l'organisation est passée en mode veille pour ce qui est du risque d'inondation.

« Des vents parfois forts accompagneront les précipitations, rendant la situation plus difficile, notamment au niveau des risques de pannes électriques et de l’état routier », peut-on lire dans un communiqué. 

Dans un autre communiqué, l'OMSC a soulevé le risque d'inondations. « La température en hausse, la quantité de pluie annoncée et l’eau de ruissellement affecteront inévitablement le niveau des rivières.  Pour la journée de dimanche, nous prévoyons un débit de 700 m³/s pour la rivière St-François, laissant ainsi présager une mesure de 14.5 pieds sur la sonde du pont Aylmer. Cette crue rapide des rivières pourrait déstabiliser les couverts de glace sur certaines d’entre elles, risquant ainsi de provoquer des débâcles partielles. »

« Bien qu’il soit peu probable de subir une augmentation suffisamment significative pour que la rivière St-François sorte de son lit, l’OMSC a tout de même déclenché la phase de Veille d’inondation conformément au plan particulier d’intervention des mesures d’urgence de la Ville de Sherbrooke », poursuit-il.

Conditions routières difficiles à Québec

Les conditions routières s’annoncent périlleuses ce week-end au Québec, avec l’arrivée d’un système dépressionnaire du sud des États-Unis qui laissera sur son passage d’importantes quantités de pluie verglaçante, de grésil et de neige.

Les déplacements étaient déjà difficiles samedi matin dans la région de Québec, où la Sûreté du Québec (SQ) a observé plus d’une dizaine de sorties de route en moins de deux heures, aux alentours de 8 h, sur les grands axes autoroutiers de la Capitale-Nationale. Heureusement, il n’y a eu que des dommages matériels et quelques blessures légères, selon ce qu’a indiqué la sergente Audrey-Anne Bilodeau de la SQ.

« Si les déplacements ne sont pas nécessaires et que les conditions routières ou météo sont difficiles, on appelle les automobilistes à peut-être repousser ces déplacements-là ou carrément les annuler », a lancé la porte-parole du corps policier.

Sur son site web, Environnement et Changement climatique Canada annonçait de la pluie pour la région de Québec en matinée, qui céderait sa place à de la neige forte, parfois accompagnée de grésil, au cours de la soirée et de la nuit.

Les accumulations totales dépasseront 25 centimètres, selon les prévisions et les vents forts près du fleuve causeront de la poudrerie, réduisant la visibilité sur les routes.

Un cocktail à l’horizon

Un météorologue de l’agence fédérale explique que ce système dépressionnaire doit d’abord se manifester par une hausse du mercure.

« C’est une grosse dépression qui nous vient du sud des États-Unis, de la région du Texas, qui va pomper beaucoup de chaleur et d’humidité du golfe du Mexique », expose Simon Legault.

C’est pourquoi les précipitations devaient d’abord prendre la forme de pluie dans le sud du Québec, avec jusqu’à 30 millimètres attendus par endroits, notamment en Estrie. Plus tard dans la journée, ces précipitations doivent se changer en pluie verglaçante, en grésil ou en neige, selon les secteurs.

« Tout le sud du Québec va être touché jusqu’à dimanche dans la matinée. Au sud, on a de la pluie verglaçante et, plus on monte vers le nord, on a des mélanges de précipitations », précise le météorologue.

« Il y a de la neige un peu plus abondante attendue au niveau de Québec, de Charlevoix, et de La Tuque par exemple, même dans le Bas-Saint-Laurent », illustre-t-il, en mettant en garde contre le risque de poudrerie.

Déplacements difficiles

Les équipes du ministère de Transports (MTQ) étaient déjà mobilisées samedi pour faire face à la tempête.

Dans un communiqué émis en matinée, la Ville de Montréal a elle aussi indiqué que les équipes de déneigeurs des 19 arrondissements sont prêtes à faire face aux changements brusques et rapides de température à venir.

Et des pannes d’électricité pourraient s’ajouter aux mauvaises conditions routières.

« Les vents vont s’élever dans la vallée du Saint-Laurent, avec des rafales de 60 à 70 kilomètres/heure. Le poids de la glace sur les branches avec les vents, c’est quand même une situation propice à des pannes de courant », prévient M. Legault.

Le site web d’Hydro-Québec indique qu’une centaine d’équipes sont prêtes à intervenir et que le nombre de travailleurs déployés « s’ajustera selon l’ampleur des pannes et l’endroit précis où elles se produiront ».

« Les régions les plus à risques d’être touchées sont le Grand Montréal, les Laurentides, l’Outaouais et la Montérégie. La végétation pourrait s’abîmer et tomber sur notre réseau », peut-on lire.

À Sherbrooke, où les quantités de pluie verglaçante pourraient être plus importantes, l’organisation municipale de sécurité civile (OMSC) était déjà aux aguets vendredi et recommandait à sa population d’avoir une trousse d’urgence de 72 h afin d’être en mesure de faire face à d’éventuelles pannes de courant.