Les acériculteurs Steve Côté et Daniel Gaudreau se sont affichés an faveur du candidat au leadership conservateur Maxime Bernier, qui appuie leur combat contre le monopole de la FPAQ.

Vente libre du sirop: Maxime Bernier courtise les acériculteurs

Maxime Bernier est venu solliciter des votes pour sa candidature au leadership du Parti conservateur, lundi à Sherbrooke, en réaffirmant son soutien aux acériculteurs du Québec qui réclament le droit de vendre librement leur sirop d'érable, « sans ingérence de la part du gouvernement et de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec ».
Flanqué de trois producteurs, le député de Beauce a fait valoir que leur combat est rendu en Cour suprême et qu'il est « le seul politicien élu au fédéral qui se bat contre ce cartel puissant ».
« Un cartel bureaucratique a reçu des gouvernements le pouvoir de contrôler complètement un secteur emblématique de l'économie canadienne et de persécuter des entrepreneurs honnêtes qui ne veulent pas y être soumis. Il faut leur redonner la liberté de gérer leur entreprise comme ils le souhaitent », martèle M. Bernier.
Pour y arriver, le politicien demande depuis plusieurs mois au premier ministre Justin Trudeau d'abolir le décret sur l'eau d'érable et le sirop d'érable du Québec, qui étend les pouvoirs de la FPAQ à la commercialisation du sirop sur les marchés provinciaux et internationaux.
S'il est élu chef du parti conservateur puis premier ministre du Canada, Maxime Bernier s'engage à abolir ce décret et à défendre la liberté de commerce jusque devant les tribunaux, dit celui qui se positionne aussi contre le système de gestion de l'offre qui prévaut pour les oeufs, le lait et la volaille.
Deux acériculteurs de l'Estrie dont le combat est médiatisé depuis plusieurs années ont témoigné dans le but d'inciter « les Québécois et les Canadiens » à prendre leur carte de membre du PCC et à voter pour Maxime Bernier à la chefferie.
L'acériculteur Steve Côté, de Sawyerville, a accumulé 550 000 $ d'amendes à la Régie des marchés agricoles, qui lui reproche de ne pas avoir respecté les règles de mise en marché de la FPAQ et d'avoir exporté lui-même son sirop aux États-Unis. Il risque de tout perdre, raconte-t-il, puisque des hypothèques légales ont été prises sur ses biens et qu'on lui interdit désormais de produire le précieux sirop.
Daniel Gaudreau, quant à lui, se démène depuis 2013 contre le monopole de la FPAQ. Sa production de sirop d'érable est saisie quotidiennement par un huissier et il est en attente d'un jugement pour outrage au tribunal. « Moi et ma conjointe, on risque de faire un an de prison, dit-il. Juste d'entendre dire le mot prison quand on fait du sirop d'érable, c'est déjà trop », dénonce l'homme qui se désole aussi de la disparition à grands rythmes des petites fermes depuis quelques décennies.
L'homme de Scotstown et sa conjointe Nathalie Bombardier sont à l'origine de la rencontre de lundi, « parce que Maxime Bernier est le seul politicien présentement qui s'affiche contre ces cartels et qui veut la liberté en agriculture ».
« Qu'un système comme celui de la Fédération existe, ajoute M. Gaudreau, on n'a pas de problème avec ça, mais qu'on ne nous oblige pas à adhérer. On est capable de faire notre mise en marché. »
Grabuge
Le ton de la rencontre a monté un moment quand un producteur acéricole et forestier du Granit, Émery Bélanger, un ex-administrateur à l'UPA local, a voulu faire valoir un autre point de vue avec un peu trop d'insistance au goût des sympathisants présents.
L'homme a été escorté à la sortie de l'Hôtel Le Président par des agents du Service de police de Sherbrooke.
« La personne qui est intervenue à la fin, c'est un agitateur. Il l'a déjà fait avec le ministre de l'Agriculture du Québec Laurent Lessard, a réagi Maxime Bernier. (...) c'est une personne qui veut garder son privilège. Moi je lutte contre les privilèges, contre les groupes d'intérêts, pour les consommateurs et pour la liberté d'entreprendre. »
Notons que l'actuel président de l'UPA-Estrie, François Bourassa, a lui aussi interpellé M. Bernier sans toutefois provoquer d'esclandre.