Le porte-parole de QS en matière de santé, Sol Zanetti, demande à François Legault de dire la vérité concernant leurs données médicales. 
Le porte-parole de QS en matière de santé, Sol Zanetti, demande à François Legault de dire la vérité concernant leurs données médicales. 

Vente de données médicales: un organisme se défend

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Un organisme éclaboussé dans la controverse sur l’accès éventuel des pharmaceutiques aux données médicales des Québécois riposte.

Precinomics assure qu’il n’a pas l’intention de donner ou vendre les renseignements confidentiels des Québécois aux entreprises pharmaceutiques.

Son représentant, le Dr Jean-Claude Tardif, a répondu aux allégations qui ont été publiées dans des médias vendredi. Selon un quotidien de Québec, son organisme sans but lucratif a été mis sur pied pour regrouper des intervenants public et privés en vue de partager ces données avec des entreprises pharmaceutiques.

En entrevue avec La Presse canadienne, il a assuré que l’organisme travaille avec des données de patients qui ont déjà signé des formulaires de consentement ainsi qu’avec des données fictives. Precinomics collabore avec l’Institut de cardiologie de Montréal, où le Dr Tardif pratique.

«Il n’y a pas eu de données des Québécois transférées par la Régie de l’assurance maladie (RAMQ), a-t-il expliqué dans un entretien téléphonique. Il n’y a jamais eu de données vendues et il n’y en aura jamais de notre part. Il n’a jamais été question de vendre des données à des compagnies.»

«Ce ne sont pas des données de la RAMQ», a renchéri le premier ministre François Legault, en conférence de presse vendredi à L’Assomption.

«Ce sont des données de l’Institut de cardiologie, pour l’Institut de cardiologie, pis c’est contrôlé par l’Institut de cardiologie. Donc l’Institut de cardiologie utilise les données de ses patients pour mieux soigner les Québécois.»

À l’origine, cette controverse est née des révélations du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en commission parlementaire la semaine dernière: il projette de monnayer les données confidentielles des particuliers recueillies par la RAMQ afin d’attirer ici les investissements des entreprises pharmaceutiques.

Jeudi, le premier ministre Legault avait affirmé qu’il n’y avait pas encore de projets ou de demandes en ce sens.

Selon Québec solidaire (QS), la Coalition avenir Québec (CAQ) est en train de «tout mettre sous le tapis» et de «cacher ce qui est en train de se passer».

«Il y a quelqu’un là-dedans qui ment, a déclaré le porte-parole de QS en matière de santé, Sol Zanetti, en conférence de presse à l’Assemblée nationale. La question, c’est: qui ment?»

Il réclame une commission parlementaire pour faire la lumière sur les tractations en cours et étudier les implications d’un tel projet, qu’il juge dangereux.