Valoris a adopté jeudi un budget équilibré de 17,9 M $ pour l’année 2021, dans lequel on ne prévoit aucune augmentation de tarifs pour le traitement des déchets qui seront acheminés à son site de valorisation de Bury.
Valoris a adopté jeudi un budget équilibré de 17,9 M $ pour l’année 2021, dans lequel on ne prévoit aucune augmentation de tarifs pour le traitement des déchets qui seront acheminés à son site de valorisation de Bury.

Valoris réussit à freiner sa hausse de tarifs

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Valoris a adopté jeudi un budget équilibré de 17,9 M $ pour l’année 2021, dans lequel on ne prévoit aucune augmentation de tarifs pour le traitement des déchets qui seront acheminés à son site de valorisation de Bury.

Le budget d’exploitation de Valoris passe ainsi de 16,5 M $ en 2020 à 17,9 M $ en 2021, soit une hausse de 9 %. Une augmentation attribuable principalement à une hausse anticipée de 30 000 tonnes de résidus par rapport à l’an dernier.

Valoris prévoit recevoir près de 48 000 tonnes de résidus l’an prochain, soit 34 000 tonnes en provenance de Sherbrooke, 7000 tonnes de la part des 22 municipalités du Haut-Saint-François membres de Valoris, 2350 tonnes de municipalités non membres et 4500 tonnes de clients externes.

Les tarifs demeurent les mêmes, à savoir 241 $/tonne pour Sherbrooke, 92 $/tonne pour les municipalités du Haut-Saint-François membres de Valoris et 133 $/tonne pour les autres usagers.

Le président de Valoris, Robert Roy, a indiqué que le budget 2021 a été établi en fonction de critères conservateurs, afin d’éviter les hausses majeures survenues ces dernières années.

« On a fait beaucoup de travail dans ce sens-là depuis les douze derniers mois. On a réussi à payer certaines dettes et à rembourser certains fonds d’opération. », a -t-il précisé.

Parmi les dettes qui ont été remboursées figure un montant de 900 000 $ rattachés à une marge de crédit.

La dette globale de Valoris se situait à 37 M $ au 31 décembre dernier, pour des actifs comptables évalués à 42 M $.

« Ce que les citoyens doivent savoir, c’est que ce sont eux qui sont au cœur des débats que nous avons au conseil d’administration. On est conscient qu’il faut en arriver à un prix raisonnable. Mais la vraie question qu’il faut se poser c’est : combien ça coûte protéger l’environnement? Est-ce qu’il faut favoriser les dépôts sauvages comme on voit un peu partout? Ce qu’on pense, c’est qu’il y a un juste prix à payer pour protéger l’environnement; il s’agit juste de le trouver. »

Robert Roy

Le directeur-général de Valoris, Denis Gélinas, parle d’une année charnière pour l’organisation.

« On a réussi à arrêter la montée des tarifs. On a plein de projets sur le feu actuellement. On a des discussions avec le gouvernement au sujet de notre vitrine technologique, on est en train de finaliser des ententes concernant des filières de valorisation des matériaux qui sortent de notre ligne CRD (construction-rénovation-démolition) de façon à pérenniser certaines ffilières à long terme avec des débits. Cela va nous permettre d.attirer de la clientèle, surtout municipale. En fait, on travaille maintenant de façon à ce que ce ne soit pas uniquement les deux partenaires qui paient pour la dette. »

« Je conviens que les tarifs de Valoris sont élevés et on cherche à les diminuer. Mais quand on compare le site de Valoris par rapport à des sites qui ramassent 500 000 ou 1 million de tonnes par année, on doit faire face aux mêmes exigences de la loi sur l’environnement en ce qui concerne l’achat d’équipements pour traiter les eaux de lixiviation, les biogaz, etc. Tout cela a un coût. Si vous êtes un million de payeurs, ça fait une différence. »

Denis Gélinas

Investissements

Au chapitre des dépenses, le budget 2021 prévoit des réaménagements à l’entrée principale de son site de Bury de même qu’à son poste de pesée.

Des travaux mineurs sont également prévus pour optimiser la ligne de tri CRD.

Si Valoris obtient l’autorisation gouvernementale nécessaire pour aller de l’avant avec son projet pilote de vitrine de démonstration technologique, certains travaux d’envergure devront être préalablement réalisés pour permettre le redémarrage de la ligne de tri des déchets résidentiels et institutionnels, dont la mise en place d’une plateforme de compostage pour valoriser les matières organiques extraites des déchets.

« On a une rencontre prévue bientôt pour faire le point avec les différents ministères, indique M. Gélinas. On devrait être en mesure de faire le point au conseil d’administration de la fin novembre. À partir de ce moment-là, ce sera au conseil d’administration de juger ce qu’il donne comme information publique. »

Valoris compte également aller de l’avant avec un partenaire privé pour la valorisation du biogaz pompé de la masse de déchets de son lieu d’enfouissement technique. Valoris anticipe des revenus de royauté pour chaque mètre cube de gaz brut acheminé aux installations de valorisation qui seront situées sur son site de Bury.

« Nous ne sommes pas en mesure pour le moment de dire combien cela pourrait nous rapporter. Nous sommes à la recherche d’un partenaire. On sait qu’on produit environ cinq millions de mètres cubes par année de biogaz. De ce volume, on estime qu’on pourrait produire environ 2,5 millions de mètres cubes de méthane qui pourraient être commercialisés. »