L’implantation des bacs bruns sur l’ensemble du territoire de la MRC du Haut-Saint-François en 2020 et le départ de la ligne de tri de déchets pourraient faire perdre d’importants revenus à Valoris.

Valoris : Cookshire-Eaton dévoile son analyse

L’implantation des bacs bruns sur l’ensemble du territoire de la MRC du Haut-Saint-François en 2020 et le départ de la ligne de tri de déchets pourraient faire perdre d’importants revenus à Valoris.

C’est là un des faits saillants du rapport d’analyse compilé par Martin Tremblay, directeur général de la municipalité de Cookshire-Eaton, ces dernières semaines.

Déçus que la direction de Valoris ait annulé à la dernière minute une rencontre destinée à fournir des réponses à la municipalité pour faciliter la préparation de son budget 2020, la mairesse Sylvie Lapointe et le directeur général Martin Tremblay ont partagé les résultats de leur rapport d’analyse avec La Tribune.

« Le but de la rencontre n’est pas de confronter les dirigeants, assure M. Tremblay. On veut tout simplement confirmer nos données et valider notre analyse selon les faits et les données connus. On est partenaires d’affaires, on doit être en mesure de se voir et d’obtenir des réponses à nos questionnements. »


« Le discours de Valoris comme quoi l’implantation des bacs bruns règlerait tous nos problèmes ne tient pas la route. »
Martin Tremblay

Dans son rapport d’analyse intitulé Situations des matières résiduelles de la ville de Cookshire-Eaton, le directeur général souligne que le projet initial de Valoris de traiter un bac unique sur une même ligne de tri ne fonctionnerait jamais. Cette information a été fournie par le préfet de la MRC et vice-président de Valoris, Robert Roy, lors d’une rencontre en décembre 2018.

Dans la foulée de cette révélation, la municipalité a décidé d’implanter le bac brun dans ses trois pôles urbains de Cookshire, Johnville et Sawyerville en 2020. Cette transition permettra à Cookshire-Eaton de diminuer son coût réel d’enfouissement de 41 000 $, puisque le coût de traitement du compost se situe à près de 60 $ la tonne comparativement à près de 240 $ pour traiter une tonne de matières résiduelles. Cependant, malgré l’implantation des bacs bruns, Cookshire-Eaton doit tout de même verser cette année 200 000 $ de plus qu’en 2018 à cause de la hausse non prévue du tarif en avril 2019.

« La raison pour laquelle la collecte des bacs bruns ne fut pas implantée avant 2020 était que le but ultime de Valoris était de traiter un bac unique, mais la ligne de tri éprouvait des ratés et n’était pas prête d’être en fonction, explique le directeur général. Cependant, on ne voulait pas investir dans l’implantation et la collecte des bacs bruns pour se faire dire l’année suivante que la ligne de tri fonctionnerait et que nos efforts auraient été en vain. »

La municipalité se demande maintenant quels sont les plans de Valoris pour combler le manque à gagner suivant la baisse de revenus d’enfouissement due à l’implantation des bacs bruns et du fonctionnement de la ligne de tri de matières résiduelles advenant que les projets pilotes en cours s’avèrent fructueux

« Le discours de Valoris comme quoi l’implantation des bacs bruns règlerait tous nos problèmes ne tient pas la route, juge M. Tremblay. S’ils sont implantés sur l’ensemble du territoire du Haut-Saint-François et dans les édifices de cinq logements et plus, combiné à une performance où la ligne de tri valoriserait 10 % des matières résiduelles du bac noir, Valoris perdrait près de 640 000 $ en revenus d’enfouissement. Si la ligne de tri en valorise 70 %, cela représenterait une perte de revenus de 4 465 000 $. Cela signifie que si l’on devient très performant, Valoris va perdre des revenus importants. Comment pourront-ils compenser ces pertes? Quel est leur plan de rentabilité pour la matière valorisée? »

« Notre hypothèse est qu’une baisse de revenus à l’enfouissement correspondrait à une nouvelle augmentation de tarifs, de là la raison de demander leur plan d’affaires et de redressement, confie-t-il. À la fin de l’année 2018, une tonne de matières résiduelles coûtait un peu plus de 100 $ aux municipalités membres. C’était 133 $ au début de 2019 avant de bondir à 237 $ au beau milieu de l’année. On doit prévoir l’évolution des tarifs dans notre budget sans savoir de quel ordre ils seront. »

De plus, Cookshire-Eaton se demande comment Valoris prévoit se garantir des retours sur les matières valorisées à partir du bac noir et quels sont les débouchés pour ces matières.