Une quarantaine de personnes ont participé à une manifestation d’Urgence climatique Sherbrooke jeudi midi devant l’hôtel de ville de Sherbrooke.
Une quarantaine de personnes ont participé à une manifestation d’Urgence climatique Sherbrooke jeudi midi devant l’hôtel de ville de Sherbrooke.

Urgence climatique Sherbrooke lance un défi aux élus

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Les citoyens membres d’Urgence climatique Sherbrooke ont manifesté devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, jeudi, pour souligner le deuxième anniversaire de la signature de la Déclaration d’urgence climatique par la Ville de Sherbrooke. Ils en ont profité pour lancer un défi aux élus, soit celui d’enregistrer une vidéo dans laquelle ils répondraient à la question : « Quelles connaissances en lien avec l’urgence climatique devez-vous acquérir pour être en mesure de prendre des décisions qui témoignent du respect des générations à venir? »

Anne-Catherine Pilon, une des porte-parole du groupe, a indiqué qu’un rassemblement est prévu tous les jeudis, à 12 h 15, devant l’hôtel de ville, et ce, jusqu’à ce que tous les élus aient enregistré ladite vidéo. 

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, a assuré qu’elle relèverait le défi avec plaisir. 

Urgence climatique Sherbrooke reconnaît que la Ville a posé de bonnes actions depuis deux ans, notamment la création du Bureau de l’environnement, mais rappelle qu’il y a encore du travail à faire, entre autres en mentionnant dans les documents municipaux l’impact qu’aura chacune des décisions sur l’environnement. 

« On veut encore sentir la mobilisation des élus pour l’environnement. Parfois, on ne le sent pas assez. On veut mettre de la pression pour leur rappeler que c’est super important pour nous. Il y a plus de consultations citoyennes et plus de communication entre les différents départements à la Ville, mais en 2020, on parle encore d’avoir des vols commerciaux à Sherbrooke », résume encore Mme Pilon. 

« Selon nous, la Ville pose des actions, mais elle n’en fait pas assez. Ça doit être prioritaire. On ne peut pas attendre cinq ans pour que les changements se fassent. On doit se mettre en action rapidement. Chaque élu a un contact citoyen différent. On se sent interpellés par certains élus, moins par d’autres. Oui il faut tenir des consultations publiques, mais il faut qu’il y ait des mécanismes pour intégrer les propositions des citoyens. »

Rémi Tavon, un autre porte-parole d’Urgence climatique Sherbrooke, rapporte que ce ne sont pas que les grandes villes qui doivent améliorer leur bilan environnemental. Toutes les municipalités, dit-il, subissent les impacts des changements climatiques. Il cite Sainte-Marthe-sur-le-Lac et les inondations importantes survenues l’an dernier.

« C’est avec l’appareil municipal qu’on peut vraiment commencer et toutes ces décisions peuvent ensuite être liées à celles du provincial et du fédéral. Le citoyen, son ancrage est beaucoup plus fort au municipal. Les promesses du provincial et du fédéral sont beaucoup moins concrètes. C’est pourquoi on a lancé la communication ici à l’hôtel de ville de Sherbrooke. On a les moyens d’agir rapidement et concrètement pour réduire les gaz à effet de serre. »

Selon M. Tavon, le canal de communication avec la Ville existe, mais après deux ans, la qualité des échanges a diminué.  

Des actions politiques sont prévues dans la prochaine année et des membres d’Urgence climatique Sherbrooke pourraient même choisir de briguer les suffrages. « Notre action d’aujourd’hui n’est pas la dernière. C’est évident que vous nous reverrez. Rien n’est exclu pour l’instant, mais nous n’avons pas d’annonce à faire pour le moment. »

La conseillère Karine Godbout convient que la Ville de Sherbrooke pourrait en faire plus pour l’environnement. « Depuis que je suis arrivée, beaucoup d’actions ont été posées. Cette année, on en fait plus que jamais. Oui, il reste beaucoup de choses à faire, et ce n’est pas parce qu’on a un Bureau de l’environnement qu’on a des projets qui sont parfaits. Il faut que les gens restent mobilisés autour de cet enjeu. J’entends bien que les gens veulent participer. »

La députée Christine Labrie était présente à la fois comme députée et comme citoyenne. « Comme citoyenne, je ne trouve pas que la Ville de Sherbrooke en fait assez pour l’environnement, mais il n’y a aucun palier de gouvernement qui en fait assez. Ils pellettent par en avant et ne vont pas assez loin. Il y a un manque d’audace. Il y a un fort appui citoyen de certaines mesures qui n’ont pas été retenues dans le plan vert. »

Selon Mme Labrie, ni les villes ni le gouvernement du Québec utilisent tous les leviers à leur disposition pour améliorer leur bilan. « Il y a plein de mesures d’écofiscalité que nous pourrions mettre en œuvre pour générer des revenus et financer une transition juste. Le défi que je lance aux élus, moi, c’est d’agir. Les outils, nous les avons déjà en main. »

La conseillère Évelyne Beaudin et le conseiller Vincent Boutin ont aussi été aperçus lors de cette manifestation regroupant une quarantaine de personnes.