La directrice de l’école Marie-Reine, Linda Pagé : « Les résultats obtenus sont très positifs pour la communauté. Ils ont réussi à créer un milieu de vie à leurs couleurs, positif, et ça a permis à des familles de développer certaines habiletés, certaines aptitudes et d’être plus engagées. »

Unis pour la réussite scolaire... et la revitalisation du quartier

Il faut tout un village pour élever un enfant, dit-on. C’est dans cette optique qu’une importante démarche est lancée par plusieurs intervenants de différents milieux afin de revitaliser le quartier entourant l’école primaire Marie-Reine, qui se retrouve dans une situation de « désert communautaire ». L’initiative, qui caresse plusieurs objectifs, dont la réussite scolaire, vise aussi à tisser des liens plus serrés entre les communautés d’accueil et d’origine.

L’école Marie-Reine accueille des élèves de 24 pays et sa cote de défavorisation est élevée. Autre constat : l’école située rue de Caen se trouve dans un désert communautaire, au sud de l’arrondissement de Fleurimont. Il n’y a pas d’épicerie dans le secteur, seulement un dépanneur. À l’exception « d’activités structurées », il n’y a pas de « milieu communautaire ouvert », comme un local pour les jeunes.  

Plusieurs facteurs justifient la mise sur pied d’une « démarche de développement social » qui a été présentée au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et acceptée. 

Parmi eux, la forte mobilité de la communauté immigrante et « la situation conflictuelle entre la population immigrante et la communauté d’accueil ». 

« Ce n’est pas majeur, mais c’est quand même existant », commente la directrice de l’école Marie-Reine, Linda Pagé, au sujet de cette situation conflictuelle. « Le manque de connaissances de la communauté d’accueil fait qu’il y a certaines petites résistances. On se disait : travaillons sur une plus grande inclusion, une plus grande ouverture. » 

Le conseiller municipal Rémi Demers abonde dans le même sens : il existe une peur de la différence. La Ville de Sherbrooke fait aussi partie du projet. « Il y a un défi de cohabitation qui déborde même de l’école. On ne peut pas dire qu’il y a des grosses tensions, mais c’est un défi de communication : c’est comme deux mondes. »

Un exemple? L’utilisation du parc Bureau pose certains défis, notamment pour la cohabitation et la propreté des lieux. Rémi Demers entend parfois des citoyens d’origine, des aînés notamment, qui craignent de perdre « leur » parc; il dit aussi entendre des commentaires de gens qui croient que les deux communautés devraient s’apprivoiser. 

« À travers ce projet, on a compris qu’il y avait peu d’organismes de soutien social dans la communauté ou à proximité », renchérit Mme Pagé. « On a les Petits Frères et Naissance Renaissance Estrie. Ce sont les deux seuls organismes implantés dans le quartier », renchérit M. Demers.  

Un comité à former

Un projet de recherche-action a été déposé par un comité de pilotage formé de plusieurs membres, dont Mme Pagé, au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et il a été accepté. L’Initiative sherbrookoise en développement des communautés se greffe aussi au projet « d’école ouverte sur sa communauté », tout comme différents organismes. L’Université de Sherbrooke sera aussi impliquée. « L’objectif du comité de pilotage est d’aller vers une recherche-action. On va être en recrutement de citoyens habitant le quartier pour faire partie de ce comité de citoyens. Notre souhait est vraiment la prise en charge et l’engagement des gens. Il y a déjà un bel engagement, mais on veut davantage les inclure, car c’est leur quartier, leur milieu... » Ce comité doit être formé dans les prochains mois. 

Le comité s’intéresse à une initiative semblable mise en place dans le secteur Duberger-Sud à Québec, qui rencontrait des défis semblables à ce que vit la communauté du secteur de l’école Marie-Reine. « Les résultats obtenus sont très positifs pour la communauté. Ils ont réussi à créer un milieu de vie à leurs couleurs, positif, et ça a permis à des familles de développer certaines habiletés, certaines aptitudes et d’être plus engagées. Par le fait même, la réussite scolaire était là. Il y a comme une espèce de chaîne où tout se lie. L’école est comme le foyer central, mais on est à faire des sortes de ronds pour élargir nos actions. Parce que le petit qui vient ici pour apprendre à lire et à écrire, il faut qu’il soit soutenu... » explique Mme Pagé. 

« On veut aussi revitaliser le milieu. Il y a le parc Bureau, il y a la fête de quartier, mais à part ça il n’y a pas grand-chose qui se passe. L’idée, c’est de ramener un niveau de vie dynamique dans le quartier », note-t-elle. Les différentes statistiques montrent l’urgence d’agir, fait-elle valoir également. 

Un financement a été obtenu pour l’embauche d’un employé, mais les artisans du projet sont toujours à la recherche de fonds.