Une aire de 100 km2 incluant le territoire agrandi du parc national du Mont-Orford, la montagne de ski du même nom et même de plusieurs aires avoisinantes pourrait bientôt se voir désigner le titre de « zone d’innovation récréo-touristique-nature-aventure ». Le député d’Orford, Gilles Bélanger, a dévoilé son intention de déposer une demande à cet effet prochainement.
Une aire de 100 km2 incluant le territoire agrandi du parc national du Mont-Orford, la montagne de ski du même nom et même de plusieurs aires avoisinantes pourrait bientôt se voir désigner le titre de « zone d’innovation récréo-touristique-nature-aventure ». Le député d’Orford, Gilles Bélanger, a dévoilé son intention de déposer une demande à cet effet prochainement.

Une zone d’innovation récréo-touristique verte à Orford ?

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Le territoire agrandi du parc national du Mont-Orford, la montagne de ski du même nom et même plusieurs aires avoisinantes pourraient bientôt se voir désigner le titre de « zone d’innovation récréo-touristique-nature-aventure » de calibre international par le gouvernement du Québec. Le député d’Orford, Gilles Bélanger, entend prochainement déposer une demande à cet effet.

M. Bélanger a rencontré le directeur général ainsi que le président du conseil d’administration de la Corporation ski et golf Mont-Orford, vendredi, afin de discuter de cette zone, qui serait d’un minimum de 100 km2 et qui s’étendrait jusqu’à l’autoroute 10, en plus d’englober des terrains non exploités d’Eastman. « Le tourisme est très économique dans notre région. C’est un vecteur important. Maintenant, comment est-ce qu’on peut le faire de façon plus durable ? [...] L’objectif que j’ai, et je crois que c’est le même pour la montagne de ski et pour la Sépaq, c’est qu’on veut rendre ces territoires-là accessibles. On veut avoir des réserves, des territoires protégés, etc., mais on veut que les gens bougent et soient en santé. C’est de trouver l’équilibre », précise M. Bélanger, qui croit que la technologie a un rôle à jouer dans la recherche de cet équilibre.   

Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement caquiste de désigner des zones d’innovation axées sur différentes spécialités à travers le Québec, ce qui permettra notamment aux différentes régions de se positionner sur leur domaine d’expertise en vue d’attirer des investissements privés, locaux et étrangers dans une optique de croissance propre et durable.  

Le gouvernement du Québec décrit les zones d’innovation comme « des territoires géographiques délimités où des acteurs de la recherche, de l’innovation, de l’industrie et de l’entrepreneuriat sont regroupés et collaborent de manière à insuffler une culture d’innovation, tout en mettant en valeur les avantages concurrentiels durables de ces territoires ou régions ». 

M. Bélanger, qui a l’intention de faire de l’Université de Sherbrooke un acteur important dans ce projet, croit que l’on pourra mieux se pencher sur différents enjeux environnementaux locaux, tels que le transport de sédiments du ruisseau Castle vers le lac Memphrémagog et la perturbation de la migration des espèces causée par l’autoroute 10. 

« Souvent, l’expertise reste à l’université. Ce serait un superbe laboratoire pour y implanter les meilleures pratiques écoresponsables et éventuellement les exporter. Par exemple, plusieurs montagnes de ski en Finlande et aux États-Unis ont réussi à devenir carboneutres. Juste au niveau de la neige artificielle, on sait que ça dépense beaucoup d’énergie. On pourrait se demander comment on peut mieux la faire et moins en faire. On va développer le vélo de montagne et les sentiers pédestres, mais comment on va le faire pour être le plus en accord avec la biodiversité possible ? » dit-il, rappelant que la fin des démarches d’agrandissement du parc national du Mont-Orford approche.  

Selon Jacques Demers, préfet de la MRC de Memphrémagog et président du conseil d’administration de la Corporation ski et golf Mont-Orford, qui appartient à la MRC et aux municipalités qui la composent, le projet est encore à ses balbutiements, puisqu’il nécessite la collaboration d’un grand nombre d’acteurs et qu’il n’a pas encore été soumis au CA de la corporation. Néanmoins, il permettra assurément de faire passer le secteur « à un autre niveau ». 

« C’est trop facile de dire qu’on va juste protéger l’environnement, tout le monde le fait, enchaîne M. Demers. Tant qu’à avoir le ski et le golf dans le milieu du parc national, on s’est dit : “pourquoi ne pas travailler avec l’UdeS et des groupes environnementaux pour aller un peu plus loin ?” » 

« On est en train de mettre les balises et d’identifier nos objectifs, précise-t-il d’autant plus. Ce n’est pas juste de faire un endroit, il faut que ça se tienne d’un bout à l’autre et qu’il y ait une cohérence à travers tout ça. » 

« Pas comme Tremblant ou Bromont » 

L’inclusion de terrains voisins à la montagne, qui appartiennent à la municipalité d’Eastman, vise surtout à pouvoir imposer des normes environnementales strictes aux nouveaux développements, explique M. Bélanger. « Il y a une pression qui est de plus en plus grande pour le développement. Bromont grossit et les Laurentides sont saturées, l’Estrie deviendra de plus en plus attractive. [..] Si le développement est fait d’une façon écoresponsable et carboneutre et qu’on pousse vraiment pour que ce le soit au maximum, on va attirer une clientèle internationale qui cherche à visiter sans laisser d’empreinte. Je veux qu’on regarde ça, dans 30 ans, et qu’on voie encore beaucoup de vert : pas un paquet de maisons développées. C’est souvent ça, quand tu regardes par exemple Bromont ou Tremblant. Bien moi, je ne veux pas ça. » 

Une proposition de désignation de zone d’innovation sera ainsi rédigée prochainement et soumise au ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, affirme M. Bélanger. 

Pour être acceptée, la demande devra démontrer l’engagement d’acteurs des secteurs privé et public et déterminer la structure de gouvernance, de même que l’approche et les mécanismes de mise en œuvre, de suivi et reddition de comptes qui seront implantés.

Gilles Bélanger