«Une tendance vers la pauvreté depuis des années»

«Ce ne sont pas des chiffres qui me surprennent, je ne suis pas étonnée, car il y a une tendance vers la pauvreté  depuis  plusieurs années.»
Sylvie Bonin
Coordonnatrice de l'ACEF Estrie, Sylvie Bonin réagit de la sorte devant les données dévoilées par Statistique Canada mercredi sur revenu des familles estriennes à la suite d'un recensement effectué en 2016. Rappelons que le revenu total médian des ménages de la région en 2015 se situait à 53 336  $. C'était beaucoup moins que les 59  822 $ disponibles en moyenne pour les autres Québécois.
«C'est le revenu médian, donc il y autant de salaires plus élevés que moins élevés que ce chiffres dans la population», explique-t-elle. La tendance se poursuit, mais c'est intéressant d'avoir des chiffres.»
«Sherbrooke est comme coupé en deux; il y a de bons salaires avec l'Université et la recherche, mais il y a aussi beaucoup de salaire minimum. Aujourd'hui, il n'est pas normal qu'une personne travaillant une semaine 40 heures se retrouve quand même au seuil de la pauvreté.»
Mme Bonin ajoute que les gens vivant seuls doivent souvent se débrouiller avec de bas salaires. «Quand les familles monoparentales sont dirigées par des femmes, elles sont souvent plus pauvres, analyse-t-elle. Un tiers des familles avec enfant est monoparentale. »
«Il y a peu de chose pour les personnes vivant seules, car électoralement parlant, ce n'est pas très populaire.»
Statistique Canada rappelait aussi mercredi que la croissance des revenus des ménages québécois compte parmi les plus faibles au pays depuis dix ans, selon les plus récentes données du recensement. Le revenu médian se situait à 59  822 $ dans la province en 2015, une hausse de près de 9 pour cent par rapport à 2005. Cette augmentation peut sembler bien maigre en comparaison avec celle de 36,5 pour cent mesurée en Saskatchewan, à 75 412 $.
Cela amène Sylvie Bonin à embrasser avec vigueur le combat en faveur de la hausse du salaire minimum.
«Des gens travaillent à temps partiel, mais ce n'est pas toujours par choix», fait-elle remarquer.
«Cela mène souvent à la pauvreté malheureusement.»