Les camionneurs payés en fonction de la distance parcourue avec leur chargement subissent les contrecoups de la tempête sur leur chèque de paie.

Une tempête coûteuse pour les compagnies de transport

Une tempête comme celle qui s'est abattue sur le Québec coûte cher aux compagnies de transport.
Dans une industrie où chaque livraison est une course contre la montre, une tempête comme celle de mardi a pour effet de paralyser les compagnies de livraison ainsi que les camionneurs dont les revenus sont fixés en fonction de chaque kilomètre parcouru.
« Je ne peux pas vous dire combien cette tempête-là va nous coûter, mais je peux vous dire qu'elle nous coûte déjà très cher », indique au bout du fil Stéphane Bates, directeur régional des opérations pour la compagnie SGT 2000, située à Saint-Germain-de-Grantham, près de Drummondville.
M. Bates indique que SGT 2000 réalise la majeure partie de son chiffre d'affaires sur la côte Est américaine, là où précisément la tempête Stella a fait le plus de ravages du côté des États-Unis.
L'entreprise, fondée il y a près de 30 ans, possède une flotte de 240 camions. Ses principaux clients sont des papetières ainsi que des imprimeurs.
« Au moment où je vous parle, nos camions sont stationnés un peu partout le long de la côte Est et au Québec, ce qui veut dire qu'on n'a aucun revenu qui rentre. On doit attendre que ça passe. Mais pendant ce temps-là, nos paiements, eux, n'attendent pas. »
L'impact de la tempête se fait aussi sentir directement dans la poche des camionneurs. Comme la plupart des compagnies de transport, SGT 2000 paie ses camionneurs au long cours presque exclusivement en fonction de la distance parcourue avec leur chargement et non sous forme de salaire.
« Ils reçoivent une petite compensation pour leurs repas, mais on ne peut pas en donner énormément, car c'est nous qui payons la compensation. Et comme on n'a pas de revenus, on trouve ça difficile... »
Colis
Outre l'absence de revenus, la tempête aura aussi un effet d'entraînement sur les livraisons prévues au cours des prochains jours, précise M. Bates. « On va probablement en avoir pour une semaine ou deux à récupérer nos retards de livraison, dit-il. Actuellement, on repousse des livraisons à la semaine prochaine, mais elles vont s'ajouter à nos autres commandes. Et avec la pénurie de camionneurs qu'on connaît au Québec, ce n'est rien pour nous aider », soupire M. Bates.
Pour ce qui est des compagnies spécialisées dans la livraison de colis, plusieurs d'entre elles ont aussi dû se résigner à reporter ou retarder certaines livraisons.
« Habituellement, lors des tempêtes ou des catastrophes naturelles, on ne garantit pas la livraison le lendemain. Nos clients sont avisés de ça », a indiqué mercredi un livreur d'UPS, rencontré sur la rue Galt Ouest et qui n'a pas voulu s'identifier.