Pierre Marcoux et ses collègues illustrent les propos des citoyens.

Une table de quartier verra le jour au centre-ville

Une quarantaine de citoyens et d’entrepreneurs se sont rencontrés au café-bistro La Capsule, samedi, pour former une table de quartier. Le but? Donner la parole aux acteurs du centre-ville pour qu’ils puissent discuter de leur milieu de vie.

Vincent Cloutier habite le centre-ville depuis six ans. S’il a entendu parler de nombreux projets pour revitaliser son quartier, il avoue ne pas avoir été consulté fréquemment. « Ça peut juste être bénéfique pour que les citoyens puissent trouver leur place. C’est un des gros sujets à Sherbrooke depuis quelques années. On entend un peu tout le monde se prononcer, mais ça serait bon d’avoir une concertation au niveau des gens qui vivent ici pour vrai », analyse le citoyen.

« Le plus grand manque, c’est l’aspect de la vie de quartier et la proximité entre les gens, poursuit-il. Ça prend un endroit pour que les citoyens puissent partager et témoigner de ce qu’est la vie au centre-ville. »

Cependant, pour M. Cloutier, la diversité est un point très positif de son centre-ville. « On ne retrouve pas que des organismes, que des commerces, que des institutions. Il y a une mixité. C’est foisonnant de créativité et d’imagination. Cette créativité ne se retrouve probablement pas de manière aussi forte au sein des autres secteurs de la ville », cogite-t-il.

La candidate dans Sherbrooke pour Québec solidaire, Christine Labrie, pense aussi qu’il y a des manques dans cette portion de la ville. « Il y a un besoin pour des logements sociaux, mais il y a aussi un besoin pour créer des espaces de rencontre pour les citoyens des différents quartiers. Les gens du centre-ville traînent une mauvaise réputation. Ils aimeraient qu’on trouve un moyen pour briser cette image, qui n’est plus aussi vraie qu’elle l’a déjà été », assure-t-elle.

Par contre, il y a un énorme potentiel, selon elle. « C’est un quartier assez bien desservi par le transport en commun, qui est près des rivières et qui a un patrimoine architectural de qualité. On n’a pas eu de problème à trouver de forces au quartier, mais les forces ne sont pas encore exploitées. On parle de l’accès aux berges et des épiceries difficiles d’accès à pied », assure-t-elle, ajoutant que les citoyens de ce quartier voient de l’amélioration depuis quelques années.

Table de quartier

Dans une pochette remise à chaque membre, un document expliquait ce qu’est une table de quartier. « Les tables de quartier ont pour mandat de réunir l’ensemble des acteurs du quartier sur des questions de développement social et de lutte contre la pauvreté. Ensemble, ces acteurs établissent le portrait du quartier et déterminent des priorités d’action dans l’objectif d’améliorer les conditions et le cadre de vie des populations locales. »

« Nous étions 20 citoyens et 17 entrepreneurs, constate Pierre Marcoux de l’organisme de justice alternative Le Pont et membre du comité de pilotage. On a les commentaires des personnes qui habitent ici et des organismes. Il y a un bel échange entre tout ce monde-là. Ils ont bien répondu. »

Christian Bibeau de la CDC de Sherbrooke et membre du comité de pilotage, assure que le projet ira plus loin. « On a environ 15 citoyens qui ont proposé de passer à l’action. Ils se sont donc mobilisés pour faire partie prenante de la table de quartier. Ils seront accompagnés par différentes institutions, dont les organismes, la Ville de Sherbrooke, le réseau de la santé, le milieu scolaire, etc. ».

« La prochaine rencontre est prévue pour le 29 septembre et ce sera une assemblée de quartier. Lors de cette assemblée, les citoyens seront interpelés. On va penser à des actions potentielles ou à des projets qu’on voudrait proposer concernant le développement du centre-ville », explique M. Bibeau, ajoutant qu’il n’est pas impossible que d’autres réunions se fassent avant cette date.

Le centre-ville en statistiques

Selon les données distribuées par les organisateurs du forum, environ 50 % de la population du centre-ville âgée de 25 à 64 ans est sans-emploi. 28 % de la population bénéficie de l’assistance sociale. La moyenne d’âge est de 36 ans et 93 % des citoyens habitant dans ce quartier sont locataires de leur appartement.

À Sherbrooke, déjà quatre tables de quartier sont en action. Les quartiers Ascot, Quatre-Saisons, du Nord et de l’école Larocque se consultent régulièrement.