Les filles de Pierre Javaux, Virginie et Vanessa Javaux, ont été extrêmement touchées par la vague d’amour qui a déferlé sur la page Facebook de leur père, décédé mardi matin.  
Les filles de Pierre Javaux, Virginie et Vanessa Javaux, ont été extrêmement touchées par la vague d’amour qui a déferlé sur la page Facebook de leur père, décédé mardi matin.  

Une soirée à la mémoire de Pierre Javaux

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
La mémoire de Pierre Javaux sera honorée par le milieu artistique de la région, mercredi soir prochain, après l’Apéro culturel qu’orchestre le Conseil de la culture de l’Estrie.

L’hommage virtuel débutera après la remise des prix et sera accessible via un lien Zoom publié sur la page de Pierre Javaux et celle du Conseil de la culture. 

« On ressent l’envie des gens de partager leur affection, de dire ce que notre père a représenté pour eux », expriment Vanessa et Virginie Javaux, les deux filles de Pierre Javaux, qui participent à l’orchestration du rendez-vous. 

La vague d’amour qui a déferlé sur la page Facebook de leur père après l’annonce de son décès, mercredi matin, leur a permis de mesurer à quel point il était connu et apprécié dans la communauté. 

 « C’est extrêmement touchant. Ma sœur et moi sommes renversées par tous les témoignages. Ça nous permet d’avoir accès à une facette de lui qu’on connaissait moins, puisqu’on habitait à l’extérieur », exprime Vanessa. 

« C’est apaisant de constater que notre père était autant aimé, que les gens le considéraient comme un grand homme qui avait le cœur à la bonne place », ajoute Virginie. 

Pour les deux sœurs, le deuil est double, en quelque sorte, puisqu’elles se préparaient à emménager dans le même édifice que leur père. Afin de se rapprocher. 

« Je vis dans le Maine depuis 20 ans, ma sœur résidait, elle, en Gaspésie. On a été longtemps éloignées. Notre nouveau projet de vie, c’était de revenir à Sherbrooke. On avait acquis une partie de l’immeuble pour s’installer tout près. Je suis passionnée par les arts et la culture, je m’intéressais à tout ce que mon père faisait, j’allais sur les tournages quand je le pouvais. J’avais tellement hâte de partager tout ça avec lui. On avait bien des années à rattraper... », raconte Vanessa.

Au cours des derniers jours, sa sœur et elle ont pu accompagner leur père dans ses derniers moments, lui tenir la main jusqu’à la fin. Un baume face à un départ survenu trop tôt, trop vite.

Vanessa Javaux et son père, Pierre Javaux.

Amie très près de la famille, Lysanne Gallant a aussi partagé ces précieuses soirées de veille à l’hôpital. 

« Personne n’était préparé à ça... », souffle-t-elle. 

Mille souvenirs reviennent à sa mémoire lorsqu’elle évoque son ami disparu. Elle raconte les fêtes, un voyage, des tournages, des soupers, mais elle n’arrive pas à se rappeler le moment précis où elle l’a connu. 

« C’est comme s’il avait toujours été là. Il faisait partie de la famille. Et il parlait avec beaucoup d’amour de la sienne. Ses filles et ses six petits-enfants étaient sa grande fierté. » 

La femme de théâtre évoque aussi le phare qu’il était pour le milieu culturel.

« C’était un archiviste qui filmait tout ce qu’on produit en culture dans la région depuis plus de 30 ans. Il l’a fait gratuitement maintes et maintes fois, ou souvent pour pas grand-chose. C’était un ami d’une extrême gentillesse. Quelqu’un qui avait une grande finesse, beaucoup de délicatesse. C’était un gentleman qui savait écouter avec tant de bienveillance. Je pouvais tout lui raconter. Pierre, pour moi, c’était une assurance. Il m’a légué un ancrage. Un ancrage solide. »

La comédienne et metteure en scène Lysanne Gallant était une grande amie de Pierre Javaux. « C’était un homme d’une grande finesse, un gentleman qui savait écouter et à qui on pouvait tout raconter. »

Ses filles gardent, elles, le souvenir précieux d’un homme généreux et intègre pour qui l’entraide et l’amitié étaient des valeurs précieuses : « Il a pleinement vécu. Ce qui était vraiment beau à voir, c’est qu’il continuait à s’ouvrir. C’était un humaniste, à la base, et il a toujours gardé l’esprit ouvert, il a suivi l’évolution de la société. Il avait encore tout un tas de projets. » 

Des projets qui pourraient continuer à vivre. 

« Dans son testament, il nous a donné l’autorisation de les poursuivre. Il y avait son film sur Micheline Goulet, mais aussi un portrait d’Angèle Séguin, du Théâtre des Petites Lanternes, qu’il a suivie un peu partout dans ses créations. Et il y avait encore plusieurs autres idées dans ses carnets. On espère que quelqu’un va pouvoir nous aider. C’est la mémoire de la vie culturelle de Sherbrooke des 40 dernières années qu’il y a dans toutes les images qu’il a tournées. »