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Sylvie Desautels lors de son séjour au Honduras.
Sylvie Desautels lors de son séjour au Honduras.

Une Sherbrookoise de retour après une mission humanitaire au Honduras

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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« La souffrance psychologique est partout », rappelle tristement Sylvie Desautels, une travailleuse sociale et mère de trois enfants, qui vient tout juste de revenir à la maison après une mission humanitaire de quatre semaines au Honduras avec la Croix-Rouge canadienne.

Les ouragans Eta et Iota ont touché en novembre dernier près de la moitié de la population du Honduras et occasionné dans le pays des dégâts estimés à plus de 1,8 milliard de dollars.

« Mais au-delà des pertes matérielles, il y a des conséquences psychosociales associées à ce type d’évènements », explique la Sherbrookoise Sylvie Desautels, qui s’est portée volontaire auprès de la Croix-Rouge canadienne pour venir en aide aux sinistrés.

Les deux ouragans se sont succédé à moins d’une quinzaine de jours d’intervalle occasionnant des inondations et des glissements de terrain en Amérique centrale et dans les îles colombiennes des Caraïbes.

Les ouragans Eta et Iota ont touché en novembre dernier près de la moitié de la population du Honduras.

« Ces catastrophes viennent en plus s’ajouter aux effets de la pandémie de la COVID-19 », se désole Sylvie Desautels particulièrement attentive à ceux-ci étant travailleuse sociale pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et membre de l’équipe mobile d’intervention psychosociale (ÉMIP).

« C’est une période où tous les professionnels sont requis au travail. Mon employeur a accepté de me libérer et de me supporter dans cette aventure-là. Je lui en suis très reconnaissante, car tout le monde fait face à la COVID-19. Si on n’accepte pas d'aider les sinistrés, qui va le faire? », souligne-t-elle.

Ainsi, vers la mi-novembre, Sylvie Desautels et une quinzaine de collègues canadiens se sont joints à la Croix-Rouge du Honduras pour construire une clinique mobile d’urgence dans la ville de San Pedro Sula.

« Des maisons ont complètement été ensevelies. Les gens ont presque tout perdu. Une majorité d’entre eux vivaient déjà dans la pauvreté. Les ressources manquent et ça amène une très grande vulnérabilité », raconte-t-elle.

Son rôle en tant que déléguée au soutien psychosocial était principalement de mettre en place et de coordonner une équipe psychosociale sur le terrain avec l'aide des services et des intervenants de l’endroit.

« Dans les différentes aires d'attente mises à la disposition des citoyens, par exemple, on faisait de la sensibilisation en donnant des dépliants que l’on avait traduits en espagnol. On leur expliquait quels pouvaient être les symptômes liés au stress et on les invitait à nous en parler. »

Sylvie Desautels accompagnée de son conjoint Stéphane Baillargeon et de ses trois enfants Maël, Solène et Élie.

Rappelons que Sylvie Desautels n’en est pas à sa première expérience. En 2015, elle avait participé à une mission humanitaire de six semaines en Guinée pour combattre l’Ebola.

« Je trouve qu’être témoin de la souffrance des autres, ça peut amener un certain soulagement. Je le vois comme un échange empli de sens. J’ai l’impression d’être au bon endroit, au bon moment. J’aimerais parfois en faire et en donner plus, mais simplement d'être là et d'écouter, de reconnaître leurs émotions sans jugement, je pense que ça fait une différence », confie humblement la femme de trois enfants âgés de 9, 11 et 13 ans.

De retour à la maison depuis moins d’une semaine, la Sherbrookoise confinée semble ravie de son expérience qui n'a pas toujours été simple compte tenu de la chaleur et des règles sanitaires à respecter.

Elle profite maintenant de sa famille qui lui a manqué. « C’est toujours difficile d’être éloignés, mais c’est aussi un très bel apprentissage pour nous tous. On apprécie le fait de se retrouver et je sais qu’ils sont fiers de moi », conlut la mère de famille qui reconnait l’aide et le support incommensurables de son conjoint.