Thomas Bernier-Breton, un jeune autiste de 21 ans, apprécie la nouvelle salle multisensorielle que l’on retrouve chez Autisme Estrie.

Une salle pour aider les jeunes autistes

Que fait-on dans une salle multisensorielle? La plupart du temps, on s’y rend pour pouvoir mieux se concentrer ou plus souvent encore, pour retrouver son calme. Si cette salle pourrait faire du bien à n’importe quel être humain, c’est encore plus vrai pour les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme. Ça tombe bien d’ailleurs, car la deuxième et dernière phase d’une telle salle vient tout juste d’être complétée chez Austime Estrie.

La salle multisensorielle est une grande pièce dans laquelle on retrouve plusieurs jeux de lumière, différentes musiques, des odeurs que l’on peut diffuser et une multitude d’objets aux couleurs, aux fonctions, aux formes et aux textures différentes.

« Cette salle permet un grand apaisement à notre fils Thomas. À certains moments de sa journée, il devient anxieux. Quand il vient ici, ça lui permet de se recentrer sur lui-même, de le couper des autres et ça l’apaise », expliquent Alain Breton et Lyne Bernier, les parents de Thomas Bernier-Breton, un jeune homme de 21 ans autiste et atteint également d’une déficience intellectuelle.

Chez d’autres jeunes autistes, la salle permet de les aider à se concentrer en fixant leur attention sur quelque chose qui leur plaît. « Ça rend certaines personnes plus disponibles pour l’apprentissage ou encore pour communiquer avec les autres », explique la directrice générale de l’organisme, Christine Houde.

L’impact majeur? La présence de cette salle et la bonne connaissance qu’ont les intervenants de l’organisme permettent de désamorcer bien des crises qui pourraient avoir lieu. « Quand on réussit à diminuer l’anxiété dans la salle, ça permet la réorganisation physique et comportementale de ces personnes », explique la directrice générale.

En attente pour développer son offre de service

Comme plusieurs autres jeunes autistes, Thomas vient une fin de semaine par mois chez Autisme Estrie pour que ses parents bénéficient d’un peu de répit et lui, de stimulation.

« Notre salle multisensorielle a été rendue possible grâce à des subventions d’environ 30 000 $ », se réjouit Mme Houde.

« Pour un petit organisme comme le nôtre, c’est toujours difficile de nous faire connaître », précise le président du conseil d’administration de l’hôpital, Denis Lalumière.

L’organisme recevra peut-être un coup de main plus important au cours des prochains mois puisque la ministre Lucie Charlebois avait annoncé en septembre un investissement récurent de 1 142 300 $ dans la région pour améliorer les services offerts aux personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme et leur famille, en plus d’un montant additionnel de 182  812 $ cette année pour « donner un coup de pouce » pour diminuer les listes d’attentes.

Au menu pour les parents et leurs enfants : plus d’aide pour soutenir leurs enfants, des intervenants pivots et des services de répit et de gardiennage améliorés et de l’aide pour les jeunes autistes qui terminent l’école à 21 ans et qui, ensuite, tombent dans un trou de service.

Mais pour l’instant, toutes ces promesses ne restent que théoriques.

« Nous en sommes encore à la première phase de l’évaluation des besoins. Nous aurons une rencontre prochainement avec Autisme Estrie pour faire avancer le dossier avec eux », souligne la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Geneviève Lemay.