La saison des framboises est exceptionnelle cette année, témoignent les producteurs de l’Estrie.
La saison des framboises est exceptionnelle cette année, témoignent les producteurs de l’Estrie.

Une saison des framboises « fantastique » cet été

Au moins un type de production aura finalement tiré son épingle du jeu à travers cette unique saison estivale. Les framboises se sont présentées en grande pompe en Estrie dans les dernières semaines, tout comme les cueilleurs amateurs et les consommateurs.

Les raisons sont multiples, mais le résultat est unanime : le rendement des framboisiers est exceptionnel en Estrie cette année, affirme Yvon Lessard, propriétaire de la Ferme St-Élie. « Il y a beaucoup de facteurs, mais déjà, on a eu un bel automne, un hiver pas trop froid avec quand même assez de neige, et le printemps a été assez chaud. Ce sont trois facteurs qui influencent beaucoup la saison. »

La chaleur et le soleil des dernières semaines ont cependant devancé la saison, et l’auront fort possiblement écourtée, explique M. Lessard, qui croit la voir se terminer au plus tard le 10 août. 

À la ferme St-Élie comme Au Jardin fruitier, à Sherbrooke, l’autocueillette de ces petits fruits est d’ailleurs commencée depuis le 10 juillet ; ils sont arrivés environ cinq jours plus tôt qu’à l’habitude. « La saison des framboises est vraiment fantastique cette année, se réjouit Serge Paré, propriétaire du Jardin fruitier. Dame Nature garde bien ses secrets. Au début, on a eu de la difficulté à reprendre le dessus, elles sont arrivées pendant la saison des fraises, mais on n’a rien perdu. » 

Des framboises plus grosses que des pièces de vingt-cinq cents en diamètre ont d’ailleurs été fièrement affichées sur la page Facebook de l’entreprise. 

À la Fraisière Nadeau de Saint-François-Xavier-de-Brompton, c’est aussi l’extase depuis le 10 juillet. « C’était l’abondance ! s’exclame la propriétaire Johanne Gadbois. Avec les chaleurs, ça a mûri beaucoup tout en même temps. Le plus gros de la saison est passé. On en a encore pour une semaine, mais c’est encore bon. On fait de belles cueillettes. »

La productrice reçoit déjà des amateurs de bleuets dans ses rangs. « Ça s’annonce très bon », dit-elle en expliquant que le système d’irrigation de la ferme fruitière a permis de compenser le manque d’eau lors de la période de sécheresse.


Serge Paré est propriétaire du Jardin fruitier à Sherbrooke.

Plus grande demande

M. Lessard, qui communique régulièrement avec les producteurs de la région, affirme qu’à l’instar des fraises, la demande pour les framboises est plus forte cet été, tant pour l’autocueillette qu’en magasin ou en kiosque. « Ça peut aussi être expliqué par le manque de fraises. La saison a été moins bonne et il n’y en a plus nulle part, nuance-t-il. Mais les gens ont entendu l’appel du premier ministre d’acheter local, et au nom de tous les producteurs de la région de Sherbrooke, je remercie de tout cœur la clientèle. » 

Environ 200 à 300 personnes passent par le Jardin fruitier chaque jour ces derniers temps, estime Serge Paré, qui ouvrira l’autocueillette de ses bleuets ce samedi et qui croit avoir encore un minimum de deux semaines à sa saison des framboises. « On a une belle clientèle. Il y a quand même beaucoup de nouvelles personnes qui viennent cette année », indique le cultivateur. 

« On a vu des gens, autant des les fraises que les framboises, ça répond bien. Les gens sont heureux de sortir », renchérit à son tour Johanne Gadbois. 

Cependant, en ce qui concerne la main-d’œuvre, Yvon Lessard rappelle que certains producteurs peinent toujours à recruter dans leurs champs.