Dans les documents rendus publics par la Ville de Sherbrooke, des croquis permettent d’avoir une idée du concept de l’œuvre numérique <em>Le flot</em>.
Dans les documents rendus publics par la Ville de Sherbrooke, des croquis permettent d’avoir une idée du concept de l’œuvre numérique <em>Le flot</em>.

Une rivière virtuelle coulera sur Wellington Nord

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Une rivière virtuelle interactive s’écoulera dès 2021 sur la rue Wellington Nord, à la halte des Pionniers. Il s’agira d’une œuvre d’art numérique conçue par l’artiste Julien-Robert Legault-Salvail, laquelle a remporté un concours lancé par la Ville de Sherbrooke.

La halte des Pionniers est située à peu près à la hauteur de la rue Meadows. L’œuvre Le flot, une rivière générée par ordinateur qui coulera de la falaise vers la rue, avec des projections au sol, coûtera en tout 209 900 $ plus taxes. Il s’agira de la première œuvre numérique de la collection de la Ville de Sherbrooke.

Selon les documents présentés lundi au conseil municipal, trois finalistes avaient retenu l’attention du jury. Celui-ci a finalement jeté son dévolu sur l’œuvre de M. Legault-Salvail, qui utilisera de l’éclairage et une ambiance sonore musicale pour créer « un environnement aquatique apaisant ». Les visiteurs pourront se déplacer dans l’espace de projection et interagir avec l’œuvre en générant des objets 3D qui flotteront sur l’eau.

Les documents municipaux précisent que les visiteurs pourront aussi interagir avec le courant avec leur corps. Les mouvements seront captés à l’aide d’une caméra thermique. Le débit de la rivière, les ondes lumineuses et les effets sonores dépendront du nombre de personnes présentes sur les lieux. Des gouttes d’eau seront perceptibles à la surface de la rivière lors des journées pluvieuses.


La halte des Pionniers est située à peu près à la hauteur de la rue Meadows, sur la rue Wellington Nord.

L’œuvre s’adaptera aux saisons, si bien que la rivière pourra être glacée en hiver, et les objets qui y flotteront pourront changer avec le temps également. Selon la proposition initiale, les badauds auraient pu inscrire des mots qui auraient défilé sur la rivière. 

Mais les membres de la Commission des arts visuels, qui a reconnu en septembre le potentiel attractif de l’œuvre, ont formulé des réserves sur la possibilité pour les visiteurs d’insérer des mots. Ils n’étaient pas convaincus par la possibilité de faire référence à des fêtes non plus, Noël, l’Halloween ou le Nouvel An chinois, craignant de nuire au sentiment d’appartenance ou à l’inclusion d’une partie de la population. Ils suggèrent plutôt d’élargir le nombre d’objets pouvant être générés dans la rivière virtuelle. La convention signée entre la Ville et l’artiste tient compte de ces préoccupations. 

Les aspects sonores et lumineux ont été réfléchis pour générer un faible impact sur le voisinage et pour respecter la règlementation municipale. 

Il est suggéré de placer une affiche à l’entrée du site pour indiquer aux citoyens comment ils peuvent interagir avec l’œuvre à l’aide de leur téléphone intelligent. 

La conseillère Chantal L’Espérance a précisé que l’œuvre numérique n’interférerait pas avec les murales peintes sur les bâtiments encadrant la halte des Pionniers.

Le centre en art actuel Sporobole sera impliqué dans la réalisation de l’œuvre et en assurera la maintenance. Il assurera aussi la mise à jour de l’œuvre en fonction des nouvelles possibilités technologiques qui pourraient permettre des évolutions.