La Ville de Sherbrooke et l’Université de Sherbrooke vont présenter une demande au ministère de l’Environnement pour créer une réserve naturelle dans le secteur des monts Bellevue et John-S. Bourque.

Une réserve naturelle en pleine ville

Des portions des monts Bellevue et John-S. Bourque pourraient devenir des zones protégées. L’Université de Sherbrooke et la Ville de Sherbrooke présenteront au ministère de l’Environnement le projet d’en faire une réserve naturelle, à la fin de 2018. Si le projet est approuvé, des changements aux activités qui se tiennent sur ces terrains devront être effectués.

Le projet de réserve naturelle, mené par l’Université et la Ville, est présentement en phase de consultation. Une attente d’au moins un an et demi peut être calculée avant une approbation.

« Depuis les dernières années, une détérioration du milieu a été remarquée », explique Véronique Bisaillon, conseillère en éducation au développement durable pour l’Université de Sherbrooke. Les étudiants en écologie et en géomatique remarquent des impacts plus grands sur la qualité de terrain dans le cadre de leurs cours.

Encadré par Corridor appalachien, une organisation à but non lucratif qui protège les zones naturelles dans la région, le comité conjoint veut se doter d’une meilleure gestion du territoire. « On a déterminé des territoires pour permettre le maintien des activités. C’est le fait de bien définir à quel endroit on peut faire quelque chose et à quel endroit il faut faire attention », explique Patrice Cordeau, adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable.

La préservation du terrain a toujours été une préoccupation de l’Université. La démarche de reconnaissance d’une réserve naturelle vient fixer des objectifs concrets de conservation, et permettra ainsi une protection plus marquée du territoire contre l’achalandage grandissant et la prolifération de sentiers non autorisés.

Changements envisagés

La portion du mont Bellevue protégée exclut le domaine skiable et le champ de tir à l’arc. Elle représente plus précisément une zone de transition. Ce statut implique une continuité de toutes les activités s’y déroulant. Cependant, l’expansion de celles-ci sera limitée. « On poursuit l’usage dans cette zone-là, mais pas un usage surexploité. On a déjà développé à sa pleine capacité les zones du mont Bellevue », estime Patrice Cordeau.

Dans la zone de transition, incluant la propriété de la Ville, les sentiers de vélo et les autres aménagements déjà installés seront conservés. C’est strictement le développement des sentiers qui diminuera et les pistes informelles qui seront fermées. « C’est plus un contrôle. On veut mieux structurer et savoir où on s’en va », ajoute M. Cordeau.

La crainte de certains cyclistes était de voir des sentiers condamnés, même s’ils y sont utilisés depuis des années, puisqu’ils se trouveraient dans les zones dites sensibles.

« Au mont Bellevue, il n’y a aucun problème. Les activités vont être maintenues. Les gens de vélo avaient peur de se faire tasser, mais ce n’est pas le cas », assure Paul Gingues, représentant de la Ville pour le comité conjoint du parc du Mont-Bellevue.

C’est le secteur du mont John-S. Bourque qui deviendrait une zone dite protégée, où les changements seraient plus radicaux. De ce côté, seuls la randonnée pédestre et le ski de fond resteront permis, mais avec une intensité moins élevée. « L’idée de base est la préoccupation de conserver l’espace de l’Université, le mont J.S.-Bourque. On veut le protéger contre nous en fait », partage M. Gingues.

Plusieurs zones sensibles dans ce territoire ont été délimitées. Entre autres, il abrite neuf communautés végétales, 300 espèces floristiques représentatives et quelque 70 espèces de la faune ailée.

Le comité conjoint souhaite valoriser des activités plus contemplatives dans ce secteur. Un intérêt d’utilisation du terrain à titre de recherches pour les étudiants a aussi été montré.

Il y a été remarqué que certains utilisateurs profitent de plusieurs sentiers non officialisés, notamment pour le vélo de montagne. Le statut de réserve naturelle engendrerait la fermeture de ces sentiers et une supervision plus accrue du respect des consignes. « Le vélo de montagne n’a jamais été autorisé dans ce secteur. En termes de surveillance, il y a peu d’actions qui ont été faites. On veut encadrer l’utilisation », précise M. Cordeau.

« L’enjeu important ce sont les sentiers informels, on veut ramener les gens dans les sentiers formels. »

Impliquer la population

« On vise une consultation publique en septembre parmi tous les usagers de la montagne. À ce moment-là, ceux qui ont des réticences ou des questions vont pouvoir les poser », affirme le conseiller municipal.

M. Gingues souhaite que les Sherbrookois continuent leurs activités sportives en plein air. « Il faut être sensible au partage, on est déjà très chanceux d’avoir le mont Bellevue dans notre ville. Si on se parle comme il faut, comme c’est le but de la consultation, ça va bien se faire », ajoute-t-il. Le comité conjoint se veut transparent avec la population concernant ce projet.

La communauté étudiante a quant à elle déjà été informée du dossier. « Les résultats sont excellents, on est encouragés à aller de l’avant », partage M. Cordeau.

« La valeur de cette montagne-là pour la ville est grande. C’est de trouver comment valoriser ce terrain-là. En plus des activités sportives, il y a des aspects patrimoniaux et historiques importants », ajoute Mme Bisaillon.