Élève à l’école la Ruche de Magog, Gabriel Buckley a pu rencontrer le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, mardi à Sherbrooke. Mais sa rencontre ne lui a pas permis de conserver les services de sa technicienne en éducation spécialisée.
Élève à l’école la Ruche de Magog, Gabriel Buckley a pu rencontrer le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, mardi à Sherbrooke. Mais sa rencontre ne lui a pas permis de conserver les services de sa technicienne en éducation spécialisée.

Une rencontre infructueuse avec le ministre Roberge

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Gabriel Buckley, cet élève autiste de l’école secondaire la Ruche de Magog, qui réclame plus de stabilité dans les services spécialisés auxquels il a droit en milieu scolaire, a finalement rencontré le ministre Jean-François Roberge, lors de son passage en Estrie, mardi. La rencontre, qui s’est tenue au pavillon Le Ber de l’école secondaire de la Montée à Sherbrooke, n’a pas permis à Gabriel Buckley d’obtenir d’engagement formel de la part du ministre Roberge à l’effet qu’il allait retrouver la technicienne en éducation spécialisée (TES) qui l’accompagne avec succès depuis quelques années à la Ruche. Mais selon sa mère, Nadine Robichaud, le ministre a néanmoins fait preuve d’une écoute inattendue.

« L’entourage du ministre nous avait dit qu’il allait pouvoir nous rencontrer pendant cinq minutes, mais finalement Gabriel a pu lui parler pendant un bon 20-25 minutes, a indiqué Mme Robichaud, qui a assisté à la rencontre. 

Selon Mme Robichaud, le ministre Roberge s’est montré profondément touché par la détermination et la volonté de réussir qui anime son fils, âgé de 15 ans, malgré les embûches auxquels il doit faire face.

Le mois dernier, Gabriel a écrit au ministre Roberge afin de dénoncer le fait qu’il ne pourra pas compter cette année sur la présence de Jessica Rondeau, la technicienne en éducation spécialisée, qui le suit depuis plusieurs années et qui lui a permis de cheminer comme tous les élèves du programme régulier. 

Selon sa mère, Gabriel a répété au ministre à quel point la stabilité et la continuité des services auxquels il a droit est importante pour lui et pour tous les élèves ayant des difficultés d’apprentissage. Notamment le fait de pouvoir compter sur la même éducatrice spécialisée tout au long de son parcours, si cela fait partie des conditions de sa réussite

« Gabriel a dit au ministre que tout ce qu’il voulait, c’était d’avoir les mêmes chances de réussite, mais qu’actuellement, il se sent désavantagé. Il se sent comme quelqu’un en fauteuil roulant à qui on dit : ‘Allez, t’es capable de monter les escaliers! Ça va te prendre plus de temps, mais t’es capable!’ Sauf que ce n’est pas ce genre d’aide-là dont Gabriel a besoin », rappelle Mme Robichaud.

Au terme de sa rencontre, Gabriel n’a pas pu obtenir d’engagement formel de la part du ministre Roberge à l’effet qu’il allait retrouver sa TES des dernières années. « Tout ce qu’il nous a dit, c’est qu’il ne pouvait rien faire pour ça, mais qu’il était convaincu que Gabriel allait avoir accès à tous les services auxquels il a droit », a précisé Mme Robichaud

Réaction du syndicat

Appelé à réagir au fait que l’attribution des postes des TES est régi par la convention collective, le président du Syndicat des employés de soutien du CSS des Sommets, Sébastien Roy, a rappelé que le problème auquel Gabriel fait face est dénoncé depuis un certain temps par le syndicat.

« Chaque année, le syndicat est consulté sur le plan d’effectifs et chaque année, on demande que des ressources soit accordées aux élèves en difficultés et au personnel. Au mois d’août l’an dernier, le ministre Roberge a annoncé une aide récurrente de 70 M $ pour les enfants en difficultés. Quand on demande au Centre de services scolaire des Sommets où est cet argent, on nous répond qu’ils n’ont rien reçu… »

Au CSS des Sommets, on refuse de traiter publiquement du cas spécifique de Gabriel Buckley. On précise toutefois qu’un « arrimage sera mis en place entre les différents intervenants pour assurer une continuité dans les services offerts à cet élève », indique sa porte-parole Mylène Ouellette.