Une cinquantaine de jeunes et une douzaine d’intervenants ont participé à la Route sans fin lundi à Val-du-Lac. À leur arrivée, ils ont été accueillis par une haie d’honneur où l’on retrouvait notamment les cadres supérieurs du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Une randonnée à vélo qui change la vie des enfants de Val-du-Lac

Une cinquantaine d’enfants hébergés à Val-du-Lac ont fait une longue randonnée à vélo lundi matin dans le cadre d’un grand défi, celui de la Route sans fin : 50 kilomètres pour les plus grands, une dizaine pour les plus petits. À leur retour en groupe à Val-du-Lac, la fierté était palpable. Cette course aura peut-être changé des vies. Ou du moins, elle aura eu un impact significatif sur la vie de ces enfants hébergés par la direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

« La Route sans fin, c’est plus qu’une randonnée à vélo. Les enfants vont en ressortir avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose. Ils vont pouvoir dire : je suis capable. Ils vont pouvoir dire : ç’a été difficile mais j’ai réussi à compléter mon parcours. Ils vont pouvoir dire : j’ai vu Sabrina l’éduc se planter à vélo, mais elle s’est relevé et elle a continué. Pour ces enfants, ce sera une réussite de plus dans leur sac à dos », explique Sabrina Houde, éducatrice spécialisée au centre d’hébergement et de réadaptation Val-du-Lac de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Josiane* (prénom fictif, pour conserver la confidentialité de l’adolescente), 16 ans, fait partie de ces jeunes qui ont relevé le défi avec brio. « Je partais faire le défi un peu les yeux fermés, je ne savais pas comment ça irait. Mais j’ai réussi à garder la cadence. Je suis contente. Je suis vraiment fière de moi », dit-elle, des étincelles plein les yeux.

Idem pour Josée*, son amie, 16 ans aussi. « Plusieurs fois, j’aurai pu arrêter, mais je ne l’ai pas fait. Je suis contente. Pour l’avenir, je vais m’en souvenir. J’aurais pu arrêter, je ne l’ai pas fait, j’ai relevé ce défi, je peux en relever d’autres », mentionne-t-elle, elle aussi rayonnante de fierté.

« Il y a une jeune fille qui a trouvé ça difficile. Aux trois quarts du chemin, elle aurait pu décider d’arrêter. Mais non, elle a recommencé; je suis tellement fière d’elle! » ajoute l’éducatrice spécialisée Sabrina Houde.

Jacob*, 10 ans et demi, a aimé son parcours de 10 km. « C’était l’fun. J’aime ça pédaler. Ça fait longtemps que je me pratique. Je suis content de l’avoir fait », a-t-il dit tout sourire.

La Route sans fin en était à sa 15e édition en Estrie comme ailleurs au Québec. L’objectif est de faire vivre une expérience positive aux enfants. « L’objectif, c’est non seulement la persévérance et les saines habitudes de vie, mais c’est aussi de relever un défi en compagnie d’adultes qui sont significatifs pour eux et qui sont là pour les accompagner », soutient Danick Préfontaine, adjointe au directeur de la protection de la jeunesse.

Le parrain d’honneur était cette année Christian Vachon, dont la fondation qui porte son nom est vouée à l’aide aux enfants. « Quand j’étais au secondaire, j’étais un jeune perturbé avec beaucoup de difficultés à l’école. Ma vie allait nulle part. Ce qui a changé ma vie, c’est une course de 2 km à l’école que j’ai gagnée. Courir vite, ce n’est pas ça qui est utile pour obtenir un diplôme. Ce que ça bâtit par contre, c’est une confiance en soi. Ces jeunes ont souvent plusieurs échecs derrière eux. D’avoir relevé ce défi-là, avec toutes les difficultés qu’il comportait, c’est quelque chose d’exceptionnel. Je lève aussi mon chapeau aux éducateurs qui les ont accompagnés et soutenus; ils font un travail incroyable auprès des jeunes », a affirmé Christian Vachon.

La Route sans fin ne s’arrête pas au fil d’arrivée. Au retour au centre jeunesse, c’est la fête. Haie d’honneur et applaudissements soutenus de la part de plein d’intervenants, des autres jeunes et de plusieurs cadres du CIUSSS, repas spécial servi par des cadres supérieurs du CIUSSS, remise de médailles et musique... On fête en grand. La journée est spéciale. Les vedettes, ce sont les jeunes cyclistes.

« C’est tellement beau à voir. Pour nous, c’est une occasion de voir concrètement ce à quoi on contribue jour après jour dans notre travail. Nous étions très fiers de les voir arriver, de voir ces grands sourires sur les visages des enfants, de les voir reconnaissants », a soutenu Rémi Brassard, directeur général adjoint aux programmes sociaux et de réadaptation du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et qui a servi les repas aux enfants et aux éducateurs qui ont participé à l’activité.

« On est pas mal épatés. Vous pouvez être fiers de vous », a aussi lancé Stéphane Tremblay, le nouveau président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS lors d’un discours adressé aux enfants.

 Christian Vachon.