La ministre fédérale des Aînés, Filomena Tassi

Une présentation en anglais dérange à l'UdeS

Une présentation en anglais au bénéfice de la ministre fédérale des Aînés, Filomena Tassi, a jeté de l’ombre sur une annonce de l’Université de Sherbrooke, qui joint le Age Friendly University Global Network (AFU), le réseau mondial des universités amies des aînés. L’UdeS devient ainsi la première université au Québec à joindre ce réseau. Un professeur de l’Université du troisième âge (UTA), Claude Courtemanche, a déploré que la présentation du Centre de recherche sur le vieillissement soit offerte en anglais. La ministre a senti le besoin de préciser qu’elle suivait actuellement des cours de français.

La réponse a satisfait M. Courtemanche, qui s’est exprimé à haute voix au début de la conférence de presse, qui s’est déroulée dans les deux langues. La présentation des activités du centre de recherche, elle, était cependant en anglais. 

« Nous sommes quand même la majorité francophone ici. Je me sens insulté », a-t-il lancé d’entrée de jeu. La ministre a souligné pendant son allocution qu’elle comptait sur l’aide d’un tuteur à Ottawa pour l’aider à apprendre le français. « C’est important pour moi de parler en français, mais je ne suis pas rendue là. C’est un work in progress », a-t-elle admis. Cette précision a satisfait M. Courtemanche, qui souligne qu’on n’aurait peut-être pas eu cette délicatesse pour un francophone. « Le hic, c’est que la majorité des Québécois sont bilingues, on se permet de faire des présentations en anglais parce que tout le monde va comprendre. »

Le point de presse visait à annoncer l’adhésion de l’UdeS au réseau AFU, un « organisme mondial composé d’établissements d’enseignement supérieur qui s’engagent à favoriser les liens permettant aux aînés de participer activement à la société, de surmonter l’âgisme et d’offrir de meilleures possibilités de participation civique ». Il est composé d’établissements d’enseignement supérieur d’un peu partout sur la planète qui ont approuvé les 10 principes des universités amies des aînés. Deux chercheurs, Stephen Cunnane et Mélanie Levasseur, sont venus expliquer le contenu de leurs recherches. 

Claude Courtemanche

Que signifie cette annonce concrètement? « On rentre dans un club house », a commenté le vice-recteur à la recherche de l’UdeS, Jean-Pierre Perreault. « Pour nous, c’est nouveau qu’on ait une ministre responsable des Aînés. On veut se positionner à l’échelle canadienne. Je voulais m’assurer que la ministre comprenne bien qu’on n’a pas juste un excellent centre de recherche sur le vieillissement : on a le meilleur. Je voulais être sûr qu’elle puisse s’en imprégner », a commenté M. Perreault au sujet du commentaire de M. Courtemanche. Le vice-recteur a souligné que la possibilité de faire la présentation en français avait aussi été évaluée. Mme Tassi a été nommée ministre des Aînés en 2018. 

Selon des données du gouvernement canadien, le nombre d’aînés atteindra près de 9 M d’ici 2031, soit près d’un quart de la population du Canada. « Nous devons être réalistes. La population canadienne continue de vieillir rapidement et nous devons conjuguer nos efforts pour leur permettre de continuer à s’épanouir... » a souligné la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau. 

Le Centre de recherche sur le vieillissement de Sherbrooke compte environ 50 chercheurs. 

Jean-Pierre Perreault