Les femmes représentent environ 15 pour cent du corps professoral de la faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke. Devenue doyenne lundi, Carole Beaulieu avait seulement deux collègues féminines à son arrivée en 1990.

Une première doyenne à la faculté des sciences de l'UdeS

Carole Beaulieu devient la première femme doyenne à la faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke.

« C’est certain que ça me rend extrêmement fière et honorée d’avoir été choisie. J’aurais aussi été fière d’être la deuxième ou la troisième. Et indépendamment du fait que ce soit moi ou une autre, je suis heureuse que ce soit enfin une femme qui soit doyenne de la faculté », souligne Mme Beaulieu, précisant que la faculté des sciences était, en 1954, une des trois facultés fondatrices de l’UdeS.

La nomination de la doyenne de la faculté des sciences a été officialisée lundi et son mandat débute le 1er juin. « Le processus suivi à la faculté est un processus de consultation. Alors les gens posaient leur candidature et c’est le comité de mise en candidature qui faisait un choix. Je sais qu’il y avait d’autres candidats, mais je ne sais pas combien, car les gens ne sont pas obligés d’annoncer leur candidature », ajoute la future doyenne.

La faculté des sciences représente environ 90 professeurs et 2000 étudiants. Mme Beaulien enseigne au département de biologie depuis 1990 et elle se spécialise en phytopathologie, c’est-à-dire en recherche sur les maladies végétales.

« Biologie est le département des sciences où on retrouve le plus de femmes au sein des étudiants. Je dirais qu’il y en a même peut-être plus de femmes que d’hommes. Mais dans tous les autres départements de sciences, on retrouve une très grande majorité d’hommes », note celle qui, au cours de sa carrière, a souvent été la seule femme autour de la table lors de réunions professionnelles.

Les femmes représentent environ 15 pour cent du corps professoral de la faculté des sciences. À son arrivée en 1990, Mme Beaulieu avait seulement deux collègues féminines.

« Au point de vue social, c’est certain qu’il y a des différences, car on a des particularités féminines, mais pour ce qui est du travail, on parle des mêmes sujets et on fait le même travail », celle qui est connue pour son franc-parler et sa fermeté.

Mme Beaulieu qui avoue tout de même que les gens, en général, s’attendent à un comportement différent de la part d’une femme. « Par exemple, je sens qu’une femme doit encore être plus retenue qu’un homme lorsqu’elle se fâche dans son milieu professionnel. Même quand tu évolues dans un milieu d’hommes, on s’attend à ça. Il y a des comportements qui sont moins tolérables pour les gens quand c’est une femme qui les a », note-t-elle ajoutant du même souffle que pour d’autres comportements l’inverse peut être vrai chez les hommes.

Même orientation, objectifs différents

Au cours de son mandat, Mme Beaulieu souhaite que la faculté des sciences poursuive dans la même direction, mais elle vise de nouveaux objectifs.

« Je veux plus d’ouverture pour la faculté et une amélioration des communications de notre savoir. Au niveau de l’ouverture, on veut améliorer nos relations avec les établissements d’enseignement de la région, on veut créer de meilleurs liens avec les entreprises et on veut faciliter l’accès pour nos étudiants à des stages ou échanges à l’international », explique-t-elle.

« Au niveau des communications, la faculté est renommée, mais pourrait améliorer la communication de ses bons coups. C’est important que la population ait une bonne culture scientifique et c’est une de nos missions de s’en assurer. La science n’est pas parfaite, mais la méthode scientifique apporte des éléments de connaissance sur lesquels on peut se fier et nous aide à faire de meilleurs choix », résume Mme Beaulieu.