La météo de l'été 2017 donne de sérieux maux de tête aux producteurs de foin sec en Estrie.

Une première coupe de foin interminable

La météo de l'été 2017 donne de sérieux maux de tête aux producteurs de foin sec en Estrie. Les conditions n'ont pratiquement jamais été propices à la récolte.
Certains sont encore à la première coupe des fourrages, interminable récolte qui a débuté dans bien des cas à la fin mai.
« Nous ne sommes pas capables d'avoir cinq jours de beau temps d'affilée, déplore Andrew Smith, un agriculteur qui fait du foin « depuis toujours » dans la région de Cleveland, près de Richmond. Juste deux jours sans pluie, ce n'est pas assez. »
« Pour ceux qui font du foin sec comme nous, c'est très compliqué. Nous ne sommes rendus qu'à la moitié de notre première coupe. C'est trois semaines en retard. Je n'ai jamais vu ça. »
Les agriculteurs estriens n'ont pas cessé de consulter les sources d'informations météorologiques depuis le début de l'été. Rarement on a pu compter sur du beau temps pour permettre de couper de grands champs de foin et le récolter avant la prochaine pluie.
La récolte de foin sec de M. Smith s'étend sur 400 acres. À ce jour, seulement 190 acres ont été complétés. Le foin de première coupe à ce temps-ci de l'été offre moins de valeur nutritive. De plus, les champs déjà récoltés sont bientôt prêts pour la deuxième coupe.
Casse-tête
Tout un casse-tête pour les producteurs comme lui. « Ça va mieux pour ceux qui font de l'ensilage. Il leur faut moins de temps que pour le foin sec », explique-t-il.
« Le foin perd de la protéine. Il nous reste que la fibre. Il y a tellement de foin aussi. Ça avance moins vite dans les champs. On fait 230 balles à l'heure au lieu de 150 balles à l'heure. Il va falloir penser faire des grosses balles et laisser faire les petites. »
M. Smith ajoute que la récolte de paille s'en vient aussi, histoire de compliquer davantage la planification des opérations.
« Foin grossier »
Malgré la pluie, les champs restent accessibles sans causer trop de dommages.
La situation est semblable à la Ferme Bouffard d'Ayer's Cliff. La première coupe, qui a débuté au début de juin, n'est pas encore terminée, alors qu'habituellement on est déjà passé à la seconde. Le foin de première récolte qu'on produit à ce temps-ci de l'année est loin d'avoir la texture de la « salade », mentionne Alain Bouffard.
« Il est mûr. Le foin va être grossier cette année », ajoute cet important exportateur de foin.
« C'est rare que l'on voit ça, si peu de beau temps pour réussir à faire nos foins. En fin de semaine, il a fait beau. On s'est retroussé les manches pour en faire le plus possible... dimanche soir, tout le monde était très fatigué. »
Séchoirs en renfort
Les champs à récolter par la famille Bouffard couvrent 1000 acres. La production sert à nourrir les animaux de boucherie de l'entreprise, mais aussi à exporter du foin sec vers les États-Unis. Des milliers de balles « made in Ayer's Cliff » prennent la route de Boston, des Carolines et même de la Floride.
La ferme Bouffard peut compter sur deux mégas séchoirs à foin, équipement qui permet de le presser dans le champ sans trop attendre qu'il ait atteint un taux d'humidité optimal, explique-t-il.
« C'est comme un gros déshumidificateur », lance Alain Bouffard, qui produit des fourrages depuis 20 ans. « On peut y entrer 3000 balles par séchoir à la fois. Il permet de faire diminuer le taux d'humidité d'environ 22 pour cent à 10 pour cent en 20 heures, des fois moins. On fait passer de l'air dans le foin et ça le sèche. »
Mais on ne peut pas faire passer tout le foin dans les séchoirs. C'est impossible. Ça prend trop de temps. Nous devons faire de l'ensilage aussi. »
La ferme Bouffard exploite aussi un cheptel de plusieurs centaines de têtes de bovin dans le secteur d'Ayer's Cliff.