Olivier Bergeron, propriétaire du Mouton Noir Expresso Bar, et Érica Beltrano, copropriétaire du restaurant Lupa, partagent leur local d'affaires depuis lundi.

Une pratique commerciale innovante et prometteuse

La Tribune publiait samedi un texte sur le fait que le restaurant Lupa allait désormais partager ses locaux avec le Mouton Noir Expresso Bar, une pratique innovante qui est rare dans le domaine de la restauration comme dans d'autres secteurs d'activités, mais intéressante par le fait qu'elle favorise le démarrage d'entreprise en minimisant le risque d'entrée.
« Je n'aurais pas pu me lancer en affaires sinon sans emprunter de grosses sommes d'argent. Juste l'achat de la machine à expresso peut exiger un investissement de 20 000 $ si elle est neuve et d'environ 5000 $ si elle est usagée. Le loyer que je paie à Lupa me permet d'utiliser l'espace et les équipements tels que les tables, les chaises, mais aussi les fours pour faire cuire mes viennoises. Moi, j'ai acheté mes tasses », explique Olivier Bergeron, le propriétaire du Mouton Noir Expresso Bar, dont les heures d'ouverture seront de 7 h à 15 h. Le temps de faire le ménage et le restaurant italien Lupa ouvrira ses portes de 17 h jusqu'en soirée.
L'idée de partager les locaux est venue lorsque Olivier Bergeron, qui souhaitait ouvrir un comptoir à café, s'est présenté aux soeurs Érica et Sophia Beltrano, propriétaires du Lupa, pour leur acheter leur moulin à café. « Le Lupa avait ouvert ses portes de jour pendant environ un an pour offrir du café, mais cette formule avait été abandonnée à cause des trop longues heures de travail que ça impliquait pour les propriétaires. Ces dernières cherchaient à vendre leur moulin à café. J'étais intéressé et je leur ai dit en même temps que je cherchais un local pour me bâtir un bar à expresso. Elles ont tout de suite pensé à leur local », résume M. Bergeron qui a connu une très belle journée le 5 juin, jour de l'ouverture.
« Il a fallu que je rassure une portion de la clientèle qui se demandait si le Lupa était fermé », ajoute le barista.
Outre la confusion temporaire de quelques clients, M. Bergeron ne voit que des avantages quant au partage du local si ce n'est que « ses limitations en ce qui a trait aux changements de décor ou l'aménagement des lieux », un détail dans l'équation.
« Pour nous, il y a juste des avantages, souligne également Érica Beltrano. Nous sommes propriétaires de la bâtisse alors ce revenu supplémentaire augmente notre levier financier et nous permettra d'acquérir éventuellement d'autres immeubles. Aussi, la clientèle d'Olivier pourrait devenir la clientèle de Lupa et vice versa. On a déjà commencé à parler de son café à nos clients le soir. Notre local était vide le jour auparavant, alors que maintenant il y aura un nouvel achalandage. C'est une formule économique et écologique. »
« Une idée géniale »
L'ouverture d'un commerce peut nécessiter d'importants investissements et le risque financier, notamment du côté des liquidités, peut entraîner des échecs, on n'a qu'à penser à La Combine ou Menoumm, qui ont été obligés de fermer leurs portes après une courte existence.
À Montréal, il existe des salons de barbier qui cohabitent avec un café ou une boutique de vêtements pour hommes, mais des exemples de commerces qui se divisent les heures d'ouverture à une même adresse sont rares.
« Je trouve cette idée si géniale que j'aimerais l'avoir inventée! » note Karole Forand, directrice générale de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) de Sherbrooke, ajoutant que sans proposer directement cette pratique aux entrepreneurs d'économie sociale qu'elle accompagne, la CDEC leur conseille « de sortir des sentiers battus et de regarder toutes les options ».
La comptable Annie-Gabrielle Guilbault a inauguré dimanche sa galerie d'art, L'Artisan québécois, aménagée à même ses bureaux. « Je fais ma comptabilité dans la galerie pour pouvoir accueillir les clients amateurs d'art. Une activité finance l'autre », explique Mme Guilbault, ajoutant que la galerie tient les oeuvres d'une douzaine d'artistes contemporains québécois, notamment Rio, Guy-Anne Massicotte et Christine Gagné.
« L'Idée de la galerie d'Art est plus courante, Basta communication l'a pratiquée pendant quelques années, en ce moment il s'en tient à exposer majoritairement sa collection personnelle. Cependant, que la place serve deux commerces, deux places d'affaires à des heures différentes, chapeau », commente Mme Forand.
« C'est certainement une façon intelligente de faire les choses dans certains cas, mais non, pas de tendance à ce niveau jusqu'à maintenant et pas beaucoup de cas à étudier », a noté le président de l'Association des gens d'affaires du centre-ville, Alexandre Hurtubise.
Menoumm ferme ses portes
Menoumm, l'épicerie spécialisée qui s'était installée dans l'ancienne caserne de pompiers au coin des rues Prospect et Jacques-Cartier, ferme ses portes seulement six semaines après son ouverture officielle.
La deuxième vie de l'ancienne caserne de pompiers Robert-Davidson aura été de courte durée. Un message sur les réseaux sociaux adressé à la clientèle confirme la fermeture du commerce de prêt-à-manger.
« C'est avec le coeur gros que nous vous annonçons la fermeture définitive de notre commerce aujourd'hui, le 6 juin 2017. Nous aimerions vous remercier chaleureusement d'avoir cru en ce fabuleux projet depuis quelques mois. Nous avions l'ambition et le rêve de vous offrir une expérience incroyable, en misant sur des produits du Québec et de saison. Vous offrir cette expérience n'était malheureusement pas sans prix. En toute transparence, nous n'avons plus les ressources financières pour poursuivre nos opérations. Nous tenons à remercier toute notre équipe et vous tous, sans qui cela n'aurait pas été possible. »
Le site de la rue Prospect avait été racheté en mai 2015 par le Sherbrookois Marc Beaudoin, un planificateur financier de carrière, qui en avait fait son projet de retraite.
La Tribune publiait en avril que l'ouverture de Menoumm avait nécessité un investissement « majeur de plus d'un million de dollars » et avait permis la création de 30 emplois. Avec Jacynthe Nadeau