Dès aujourd’hui des enfants comme Elsa Dumont auront accès à la une plateforme en ligne gratuite  « Enfant à la maison » qui leur permettra, entre autres, de recevoir les enseignements dont ils ont besoin... auprès d’un humain.
Dès aujourd’hui des enfants comme Elsa Dumont auront accès à la une plateforme en ligne gratuite  « Enfant à la maison » qui leur permettra, entre autres, de recevoir les enseignements dont ils ont besoin... auprès d’un humain.

Une plateforme éducative tout-en-un pour les enfants à la maison

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Les journées de plusieurs familles peuvent se montrer « bordéliques » lorsque vient le temps d’arrimer télétravail, poursuite des apprentissages scolaires et autonomie des enfants en ces temps de confinement. Appuyée par des professionnels de divers domaines, l’Estrienne Élisabeth Nadeau a mis sur pied une solution clé en main pour les parents et enfants désemparés : une plateforme en ligne gratuite qui permet à ceux-ci de recevoir les enseignements dont ils ont besoin... auprès d’un humain.

Propriétaire de la clinique esthétique Vivance à Saint-Denis-de-Brompton, Mme Nadeau a vécu un difficile début de pandémie, à l’instar de plusieurs Québécois.

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« Le 11 mars, j’ai pris la décision de mettre la clé dans la porte de mes deux entreprises. La même journée, mon grand-père a demandé l’aide médicale à mourir d’urgence et mon fils s’est cassé le bras. Je me suis dit “ mon dieu, est-ce qu'il peut y avoir une journée pire que ça ? ” Ensuite, je me suis dit que c’en était fini du négatif et que je devais me trouver un but. Puis, quand j’ai appelé mes clientes pour leur annoncer ma fermeture, j’ai parlé à énormément de mamans qui se demandaient comment elles allaient passer à travers tout ça. Je sentais un désespoir. »

Lui est venue l’idée de la plateforme « Enfant à la maison », qui lance officiellement ses cours en ligne lundi. Celle-ci vise à devenir un arrêt unique pour les familles : cours de gardiennage, ateliers d’accompagnement pour les parents, aide aux devoirs, cours particuliers et ressources en Droit de la famille.

Les possibilités et les besoins sont grands, mais pour le moment, ce sont les ressources humaines qui manquent. « Dès la première journée de lancement, il y avait déjà 50 enfants d’inscrits, indique Mme Nadeau. Mais je n’ai pas assez de professeurs! »

Le principe est très simple, explique-t-elle. Les enfants et parents qui souhaitent suivre un cours en ligne ou avoir accès à une période de questions n’ont qu’à s’inscrire sur la plateforme web. Par le biais d’une infolettre, ceux-ci recevront la liste des cours qui seront bientôt offerts et qui correspondent au degré scolaire recherché.

Cinq personnes sont en mesure de réserver pour une séance, pour laquelle elles recevront une confirmation de rendez-vous. Une fois l’heure venue, l’enseignant et ses élèves, qui auront préalablement reçu la liste du matériel nécessaire, seront mis en contact via l’application de vidéoconférence Zoom.

Enseignants recherchés

Voulant venir en aide à un plus grand nombre de familles possible, « Enfant à la maison » cherche à recruter davantage d’enseignants, d’étudiants en enseignement et d’adolescents en mesure de faire du tutorat. « Ça ne peut être que 30 min par jour! C’est vraiment eux qui décident du temps qu’ils veulent donner, et ce qu’ils veulent offrir. Ça ne peut être qu’une période “ je réponds aux questions de grammaire ” ou “ on discute ensemble en anglais ”, par exemple. Et c’est moi qui m’occupe de proposer leurs cours aux élèves », explique Mme Nadeau, en précisant que les adresses courriel de tous les participants demeurent secrètes.

Néanmoins, elle a déjà quelques experts bénévoles prêts à travailler avec elle. L’organisme SOS Secours est notamment de la partie pour donner les cours abrégés « Je me garde seul à la maison » et « Gardien à la maison ».

« C’est un problème que j’entends encore beaucoup, la question du jeune qui ne peut pas se garder tout seul, dit Mme Nadeau. Les mères ne veulent évidemment pas emmener leurs enfants pour aller faire l’épicerie, mais elles ne se sentent pas nécessairement en sécurité de les laisser se garder tout seuls. »

L’enseignante et motivologue retraitée Claudette Cléroux s’est également jointe à l’aventure, de même qu’une orthopédagogue spécialisée pour les tout-petits en difficultés d’apprentissage et qu’une enseignante à la retraite qui s’intéresse à la problématique orthophonique.

De nombreux adolescents qui avaient déjà de l’expérience de tutorat ont aussi répondu présents, s’émerveille d’ailleurs Mme Nadeau, qui reçoit également un coup de pouce de la firme d’avocats Vaillancourt Riou & associés, qui offre des articles informatifs ainsi qu’une première heure de consultation gratuite pour répondre à des questions sur le Droit de la famille.

« Pour toute la durée de la crise, je veux que ça reste gratuit. Quand ce sera terminé, on pourra la laisser en place en demandant un tarif abordable, ce qui permettra aux enseignants d’avoir un revenu supplémentaire », conclut l’entrepreneure.

La plateforme est également ouverte aux enseignants qui voudraient facilement rejoindre leurs propres élèves dans le contexte actuel.