Daniel Charbonneau, chef et copropriétaire du reataurant L'Empreinte à Sherbrooke a reçu une plainte pour la mise en conserve de tomates, pourtant bien formelle et sans danger.

Une plainte pour de la mise en conserve pourtant sans danger

La semaine dernière, une agente du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) est débarquée au restaurant L’Empreinte - Cuisine soignée de Sherbrooke pour une vérification, à la suite d’une plainte reçue par un citoyen. La faute? De la mise en conserve de tomates. C’est grave? Pas du tout, la plainte n’a même pas été fondée.

« Habituellement, ils viennent faire des inspections de routine. Mais là, elle est arrivée et j’en avais eu une il n’y a pas si longtemps. C’était bizarre de la voir. Sa première phrase c’est “on vient à la suite d’une plainte”. Il y a toujours un petit moment de panique, on ne sait jamais », raconte le chef copropriétaire de L’Empreinte Daniel Charbonneau.

On lui reprochait des emballages non conformes et de l’empotage non identifié. Le problème c’est que ça devient une faute seulement si les tomates en conserves sont destinées à la vente, ce qui n’est pas le cas.

« La plainte est non fondée, en théorie si on avait voulu vendre les pots, il aurait fallu une recette standardisée et la liste d’ingrédients sur les pots. Mais il n’y en a pas, parce que ce n’est pas destiné à la vente », ajoute le chef.

L’écoresponsabilité, l’utilisation de produits régionaux et la tendance zéro-déchet sont les principales valeurs de M. Charbonneau, c’est le concept de son restaurant.

« Quand c’est le temps des tomates, on a envie de faire des réserves pour utiliser des produits du Québec le plus longtemps possible dans nos préparations », explique-t-il.

Les tomates, du ketchup aux fruits, du ketchup vert ou des cornichons sont parmi les aliments que M. Charbonneau met en conserves.

Décevant

L’agente du MAPAQ est restée entre trente et quarante minutes au restaurant, le temps de sa vérification.

« Elle nous a demandé tous les protocoles, comment est-ce qu’on faisait ça. Je n’étais pas bien bien content. On n’a pas de recettes, on fait ça par plaisir, par passion. Elle nous a aussi demandé si le pH des produits était conforme, évidemment ce n’est pas quelque chose qu’on a vérifié. C’est ma mère qui vient ici et qui les fait, c’est notre experte en “cannage”. J’ai de la misère à comprendre pourquoi ça serait dangereux dans un resto, tout le monde en fait chez eux. »

Finalement, le passage du MAPAQ ne nuira pas au restaurant de M. Charbonneau. Ce dernier se voyait simplement déçu de savoir que quelqu’un a pris la peine d’envoyer une plainte au MAPAQ, plutôt que de s’informer auprès de lui ou de l’équipe du restaurant.

« On part des projets et on pense que c’est super positif, et une plainte comme ça vient gâcher ça, se désole-t-il. Ce qui fait peur c’est d’entendre parler avec de fausses informations, des fois les restos ne se relèvent pas de ça. »

M. Charbonneau et son équipe ne changeront pas leurs façons de faire pour autant, ils ont le droit de continuer la mise en conserve d’aliments. C’est l’image projetée par cette plainte qui fait peur à M. Charbonneau. Et c’est pour cette raison qu’il a partagé l’histoire sur sa page Facebook. Il souhaite assurer à tous ses clients que son restaurant et sa nourriture sont conformes, sans danger.

En date de samedi dernier, une centaine de personnes avaient partagé sa publication et quelque 85 personnes avaient laissé des commentaires, majoritairement positifs, saluant l’initiative du restaurant.