Danika Genesse et son fils Théo. La mère de famille de Windsor se bat entre autres pour pouvoir bénéficier d’un service de garde à l’école.

Une place pour Théo?

SHERBROOKE — Maman d’un garçon de cinq ans atteint de trisomie 21, Danika Genesse se bat pour obtenir le droit au service de garde pour son garçon.

La mère demeure à Windsor. Son fils, qui a aussi reçu un diagnostic de déficience (légère-moyenne), fréquente l’école Arc-en-ciel de Saint-François-Xavier de Brompton, et Mme Genesse travaille à Kingsbury. Son fils va à la maternelle de 7 h 50 jusqu’à 15 h 30 environ, mais elle ne peut bénéficier du service de garde, une situation qui occasionne un casse-tête pour elle. Son horaire de travail se termine à 17 h et son travail est à environ 35 minutes de l’école de son fils. Le service de garde, lui, ferme à 17 h 30. 

« Théo a des besoins, et j’ai des besoins en tant que parent et en tant que travailleuse », note la maman. Pourquoi n’a-t-il pas droit à ce service?  

« On me dit que les heures que l’on prend pour combler en classe sont des heures qu’on ne peut pas prendre pour le service de garde », dit-elle au sujet de l’assistance qui est donnée à son fils. « On me dit qu’ils ne sont pas capables de le gérer. Donc je n’y ai pas droit. Pour combler la journée complète de 7 h 50 à 15 h 30, ce sont trois dames différentes qui vont s’en occuper. Déjà là, c’est un enfant qui a besoin de stabilité. » 

Le garçon devait fréquenter l’école primaire Saint-Philippe, mais avec l’ouverture d’une deuxième classe de maternelle à Saint-François-Xavier, il a finalement été inscrit à cette école.  

Mme Genesse habitait à Richmond, mais elle est déménagée à Windsor en espérant obtenir plus de services pour son enfant. Dans les dernières semaines, elle a parfois dû aller chercher son fils parce que ça ne fonctionnait tout simplement pas en classe.

Plusieurs organismes sont impliqués dans le dossier de l’enfant, dont le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Danika Genesse a cogné à plusieurs portes pour se faire entendre : elle a porté plainte au protecteur de l’élève de la Commission scolaire des Sommets (CSS) et au commissaire aux plaintes du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, en plus de contacter le député de Richmond André Bachand. 

Si elle ne trouve pas de solution, elle devra trouver un terrain d’entente avec son employeur pour ses contraintes de temps, dit-elle. 

Danika Genesse déplore aussi ne pas avoir de plan d’intervention pour son garçon. 

Un service facultatif 

Directeur adjoint à la CSS, Serge Dion précise qu’il ne peut commenter cette situation en particulier. 

Il fait cependant valoir que le service de garde est facultatif; certaines écoles n’en ont pas.  

« La mission de l’école et de la commission scolaire est de donner un service de scolarisation et de mettre en place ce qu’il faut pour que tous les enfants, même ceux ayant une problématique particulière, puissent faire des apprentissages. Ça, c’est le service obligatoire. À côté, il y a le service facultatif, qui est le service de garde. » 

« Si un enfant a des besoins plus grands que ce que l’on peut donner, compte tenu du financement que l’on reçoit pour le service de garde, ça peut arriver que l’on dise que l’on n’est pas en mesure d’offrir le service », explique également M. Dion. 

Pour les enfants ayant des difficultés particulières, la CSS reçoit des sommes afin de leur offrir du soutien. « Mais il y a une limite, ça ne va pas jusqu’à être capable de mettre un soutien ‘‘un à un’’ pour un enfant pendant toute la période du service de garde. On n’a pas ce qu’il faut pour pouvoir faire ça. » 

Différentes raisons peuvent expliquer que l’école n’offre pas le service : des besoins trop grands, des parents qui omettent de payer ou encore des enfants qui ont des problématiques comportementales dont on ne peut assurer leur sécurité ou celles des autres élèves.

Quant au plan d’intervention espéré par Mme Genesse, M. Dion rappelle qu’il ne peut commenter ce cas précis. Toutefois, l’équipe bénéficie parfois d’un plan de service individualisé (PSI) (réalisé par le milieu de la santé) lorsqu’un enfant arrive à la maternelle. Généralement, le plan d’intervention de l’école arrive après environ deux mois d’observation. « On a l’obligation d’en faire un pendant l’année scolaire. »

Interrogé sur l’assistance qui pourrait être offerte à la maman afin de la soutenir en dehors des heures d’école, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a fait savoir qu’il ne pouvait commenter directement ce cas précis. L’organisation précise toutefois qu’elle est au fait de la situation. Une travailleuse sociale est impliquée dans ce dossier. 

Différentes options peuvent être évaluées dans de tels cas, dont des services à domicile, la rémunération pour une ressource ou le recours à des services externes.