David Soto, étudiant en génie chimique et chargé de projet à l'Université de Sherbrooke, explique le procédé par lequel lui et son équipe ont pu produire plus de biogaz plus rapidement à partir de déchets organiques.

Une percée en matière de production de biogaz

Sept étudiants en génie chimique de l'Université de Sherbrooke travaillent actuellement à la conception préliminaire d'une usine capable de transformer les résidus organiques des Sherbrookois en biogaz. Leur projet a suscité la curiosité de nombreux visiteurs lors de l'Expo MégaGéniale, trenue cette semaine au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.
Avec ses 150 000 habitants, Sherbrooke achemine chaque année 50 000 tonnes de résidus au centre de valorisation de Bury. Ces résidus contiennent environ 15 000 tonnes de matières organiques énergétiquement valorisables, explique l'un des sept étudiants et chargé de projet du concept, David Soto.
Le procédé sur lequel travaillent les sept étudiants consiste à décomposer la matière organique de façon biologique, à l'aide de bactéries prétraitées et placées dans un environnement anaérobioque (sans oxygène). C'est ce procédé de fabrication de biogaz (majoritairement composé de méthane et de bioxyde de carbone) déjà connu que les étudiants sherbrookois ont amélioré de façon à obtenir une plus grande quantité de biogaz plus rapidement.
« Ce qui particularise notre travail, c'est qu'on a développé un procédé de prétraitement, c'est-à-dire de cuisine de la matière première, dans le but d'accélérer la vitesse de dégradation et augmenter la quantité de méthane disponible dans le biogaz », explique David Soto, dont l'équipe est formée de Lewis Estall, Azzouz Aarab, Rock Caron, Nabil Mamane, Jean N. Vachon et Nicolas Gobeil.
Une autre des particularités de ce projet de baccalauréat lancé en 2014 est le fait qu'il a été initié par les étudiants eux-mêmes et non par la faculté de génie, comme c'est le cas de la plupart des projets. « Nous voulions déterminer nous-mêmes les paramètres scientifiques et socio-économiques de notre projet », ajoute M. Soto. « Une des grandes problématiques que nous avons aujourd'hui au Québec, c'est d'établir des systèmes économiques pour pouvoir gérer notre matière organique et la valoriser de la meilleure façon possible. »
Une fois leur projet accepté, ceux-ci ont été mis en contact avec la firme Valoris qui gère le site de valorisation des déchets sherbrookois situé à Bury, dans la MRC du Haut-Saint-François.
Une fois passées les étapes préliminaires en laboratoire, les étudiants espèrent pouvoir instaurer un projet-pilote directement sur le site de Valoris, à Bury, afin de valider les paramètres d'expérimentation.
« C'est un projet qui va dépendre beaucoup des investissements de différentes sources, notamment du public, précise le chercheur. Les politiques gouvernementales vont aussi dicter en quelque sorte la vitesse avec laquelle notre projet va pouvoir se développer. Ce qu'on constate, c'est que la volonté est là, à la fois de Québec, mais aussi de la Ville et de la région de l'Estrie pour que notre économie soit de plus en plus axée sur les technologies vertes », observe David Soto, dont l'équipe bénéficie du soutien du professeur Nicolas Abatzoglou et du directeur du département de génie chimique, Michel Heneault.