L'atelier pédagogique créé par le GRIS consiste à inviter les jeunes à commenter et à partager ce que l’image évoque chez eux sans leur expliquer le contexte. Ensuite, l’enseignant doit révéler que ce sont des membres de la communauté LGBTQ+.
L'atelier pédagogique créé par le GRIS consiste à inviter les jeunes à commenter et à partager ce que l’image évoque chez eux sans leur expliquer le contexte. Ensuite, l’enseignant doit révéler que ce sont des membres de la communauté LGBTQ+.

Une mosaïque aux couleurs de l’arc-en-ciel

En cette journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai, le GRIS Estrie (Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale) se réinvente en proposant depuis quelques semaines une activité virtuelle pour les jeunes afin de démystifier la diversité sexuelle et de genre.

En raison de la pandémie, les intervenants du GRIS ont travaillé de concert pour offrir un atelier éducatif aux élèves des écoles primaires et secondaires du Québec. L’outil pédagogique comprend une étape d’observation, de réflexion et de discussion.

La directrice générale du GRIS Estrie, Rebecca Janson, explique que tous les intervenants, membres de la communauté, ont été invités à prendre une photo d’eux afin de créer une mosaïque de portraits.

« L’activité consiste à demander aux jeunes de commenter et de partager ce que l’image évoque chez eux sans leur expliquer le contexte. Ensuite, l’enseignant doit révéler que ce sont des membres de la communauté LGBTQ+. Des notions de vocabulaire, des questions et des témoignages sont mis à la disposition des enseignants pour qu’ils puissent diriger la discussion et sensibiliser les jeunes aux enjeux de la diversité sexuelle et de genre. Ils sont invités à y prendre part tout au long de la semaine », indique-t-elle.

L’outil pédagogique a été envoyé aux enseignants de la région ayant déjà collaboré avec le GRIS Estrie. Cependant, les personnes intéressées peuvent facilement en faire la demande auprès de l’organisme, précise-t-on.

Une période difficile

Malgré les avancées, Mme Janson croit que c’est encore plus important de souligner une journée comme celle-ci en contexte de pandémie. Elle s’inquiète, entre autres, des conséquences liées à l’isolement et au manque de ressources. 

« La communauté est souvent surreprésentée par de l’intimidation, de l’idéation suicidaire et des situations d’itinérance ou de violence conjugale. En période d’isolement, ces problèmes sont exacerbés », explique-t-elle.

« Interligne a reçu un nombre record d’appels de gens de la communauté qui vivent avec beaucoup de problèmes d’anxiété et d’idées suicidaires depuis le début de la pandémie. [...] Si la situation n’évolue pas positivement dans les prochaines semaines, nous nous adapterons en offrant des interventions en ligne », précise la présidente du GRIS Estrie.

La soirée Démystik reportée

Par ailleurs, la soirée Démystik était initialement prévue le 16 mai en parallèle avec la journée internationale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie.

« Cette soirée est la principale source de levée de fonds du GRIS, précise MmeJanson. Nous sommes heureux d’annoncer que l’événement sera reporté au 10 octobre et que tous les artistes qui étaient annoncés seront présents ».

Rappelons que le 17 mai 1990, l’homosexualité était retirée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé. Le drapeau arc-en-ciel, symbole de revendication identitaire LGBTQ+, célèbre donc son 30e anniversaire cette année.