La future maison des aînés sera située sur la rue André-Breton, non loin de l’intersection de la rue Thomas-Evans.
La future maison des aînés sera située sur la rue André-Breton, non loin de l’intersection de la rue Thomas-Evans.

Une maison des aînés sera construite dans l'Est

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Une maison des aînés et alternative évaluée à 72 millions $ sera construite dans l’Est de Sherbrooke. Cette maison des aînés et alternative comptera 120 places, soit 84 places pour aînés et 36 autres places pour les adultes ayant des besoins spécifiques, et sera située sur la rue André-Breton, non loin de l’intersection de la rue Thomas-Evans.

« Ce site permettra d’offrir aux résidents un milieu de vie à dimension humaine, constitué de dix unités climatisées de 12 places chacune, et comportant des chambres individuelles avec toilette et douche adaptée pour chaque résident », a indiqué la ministre Marguerite Blais lors d’un point de presse qui se tenait à Sherbrooke jeudi matin.

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Le coût de chaque chambre est estimé à 600 000 $, ce qui monte le total du projet à environ 72 millions $. Il s’agit cependant de coûts estimés, puisque les appels d’offres pour les différentes maisons des aînés au Québec n’ont toujours pas été lancés. Ceux-ci devraient incessamment être lancés et la maison des aînés de Sherbrooke « devrait être prête rapidement ».

« On pourrait nous demander pourquoi on investit dans le béton et non pas dans le maintien à domicile. Moi je réponds qu’on va faire les deux », a soutenu la ministre Blais lors du point de presse.

Le coût de 72 millions $ pourrait paraître élevé quand on sait que le projet du Centre mère-enfant et de la nouvelle urgence de l’Hôpital Fleurimont est estimé à 200 millions $ alors qu’il s’agit d’un projet d’une envergure beaucoup plus grande. Or selon ce qu’a appris La Tribune, les coûts du projet tant attendu depuis une quinzaine d’années seront revus à la hausse de façon importante. En effet, en cette période de pandémie, le secteur de la construction est fortement sollicité.

Au total, on devrait retrouver quatre maisons des aînés sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Un projet n’est pas encore annoncé (voir autre écran).

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS planche également sur des projets de rénovations importants dans quelques-uns de ses 26 CHSLD. Or avec l’arrivée des maisons des aînés sur son territoire, ces projets pourraient changer.

« Nous avons plusieurs projets de rénovations, mais nous sommes en train de revoir l’ensemble de nos besoins de mises à niveau des CHSLD parce qu’on avait une liste, mais avec l’annonce des maisons des aînés et alternatives, en plus du CHSLD de Lac-Mégantic, on doit revoir l’ensemble de nos besoins », indique Stéphane Tremblay, le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Les aînés qui auront la chance d’y habiter paieront le même coût que ce qu’ils paient déjà dans les CHSLD actuels. La façon d’y accéder se fera de la même façon qu’en ce moment : les personnes ayant besoin de ce type de place d’hébergement feront trois choix sur une liste d’établissements sélectionnés, et c’est le personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui prendra la décision du lieu d’hébergement en fonction des places disponibles.

Milieux adaptés

Ces nouvelles places en CHSLD viendront répondre à un besoin criant d’espace dans les CHSLD sherbrookois. En effet, dans son dernier rapport, le commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Denis Beaulieu soulignait que la ville de Sherbrooke avait besoin de davantage de places en CHSLD.

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La situation est difficile dans les CHSLD où « les listes d’attente sont perpétuelles », indiquait-il. « À Sherbrooke, il faudra des projets de construction. On ne pourra pas continuer éternellement avec des mesures qui devaient être temporaires et qui finissent par être permanentes », avait ajouté M. Beaulieu.

Le plan de construire des maisons des aînés faisait déjà partie du programme électoral de la Coalition avenir Québec (CAQ). L’arrivée soudaine de la pandémie de la COVID-19 a renforcé l’idée que ce nouveau concept de milieux de vie était la voie de l’avenir pour non seulement assurer une meilleure qualité de vie aux résidents et aux membres du personnel, mais également pour éviter la transmission des infections.

« L’environnement des maisons des aînés et alternatives facilitera l’application des mesures de prévention et de contrôle des infections en cas d’éclosion. Cette transformation sera aussi bénéfique pour le personnel qui travaille dans ces milieux, et contribuera d’ailleurs à l’attractivité et à la rétention de cette main-d’œuvre », a souligné Marguerite Blais.

« Il faut comprendre que plus jamais on ne va construire des milieux qui ressemblent à des milieux de soins comme nos CHSLD actuellement. Les chambres à quatre, c’est terminé pratiquement partout, mais il faut aussi que ce soit terminé les chambres à deux », a notamment assuré la ministre Blais.