Les producteurs maraîchers Julie Drouin et Simon Grenier posent avec Marie-Claire Akamehdo Bita du SAFRIE qui les a aidés à trouver et embaucher de la main-d’œuvre immigrante, et avec Christophe De Gaule qui a travaillé à la ferme l’été dernier.

Une main-d’oeuvre immigrante qui excelle

Les producteurs maraîchers Simon Grenier et Julie Drouin de Compton étaient un peu dans le trouble l’an dernier avec un urgent besoin de main-d’œuvre. Ils se sont tournés vers la main-d’œuvre immigrante et le fit a été parfait. Ils ne tarissaient d’ailleurs pas d’éloges envers leurs employés, lorsque rencontrés samedi par La Tribune à l’occasion du Gala de la diversité organisé par le Soutien aux Familles Immigrantes et Réfugiés de l’Estrie (SAFRIE).

En tout, 45 employés immigrants ont travaillé à la ferme Vallée des grands potagers l’été dernier. Certains sont venus une seule journée alors que d’autres sont revenus une douzaine de fois en l’espace d’un mois. La tâche principale était la cueillette de fraises pour la vente, un travail pour lequel les immigrants excellent selon Julie Drouin

« On a été très satisfaits. Il y a eu une grosse canicule et ils ont très bien fait ça. On est déjà en démarche pour trouver des employés pour cet été. »

Les temps changent pour les producteurs alors qu’ils ne peuvent plus nécessairement compter sur les jeunes pour travailler durant l’été selon Simon Grenier.

« Avant, les fermes faisaient affaire avec les jeunes et les étudiants, mais l’engouement n’y est plus, explique-t-il. On dirait que les jeunes ne veulent plus faire ce genre de travail. On a engagé des jeunes, mais ils n’avaient pas le cœur à l’ouvrage. »

« En moyenne, les gens peuvent ramasser une vingtaine de caisses de fraises durant l’avant-midi, poursuit sa conjointe. Les jeunes du Québec arrivent premièrement plus tard le matin et quand ils ont ramassé 4 ou 5 caisses, ils sont fatigués. Je ne veux pas dénigrer, mais c’est quand même une réalité. On a fait faire autre chose à nos jeunes. »

Simon Grenier et Julie Drouin espèrent maintenant se constituer une équipe permanente pour éviter un roulement trop élevé de personnel lors de la prochaine saison estivale.

Fidélité

L’excellence des employés immigrants fait également écho chez l’entreprise Nordia où les immigrants constituent environ 35 % de la main-d’œuvre. Une qualité de ces employés ressort du lot selon Roxhann Boudreau, spécialiste aux ressources humaines.

« Plusieurs ont des baccalauréats, des maîtrises ou même des doctorats, mais qui ne sont pas nécessairement reconnus ici. Ils viennent donc faire un séjour chez nous et ils sont extrêmement loyaux. Ils restent chez nous longtemps. »

Plusieurs des employés issus de l’immigration de Nordia sont donc avec l’entreprise depuis 5, 6, 7 ou même 10 ans.

« Il y a de donner une chance, oui, mais ensuite il faut qu’on livre la marchandise, soutient Ann Fowlis, directrice ressources humaine et recrutement chez Nordia. Le bouche-à-oreille est très fort. Ça arrive souvent qu’un de nos employés nous recommande quelqu’un qui vient d’arriver au pays. On a même un programme de référence pour les encourager à le faire. »

Nordia est d’ailleurs toujours à la recherche d’employés qui parlent seulement français, seulement anglais ou qui sont bilingues.

Les entreprises reconnues

Plusieurs autres entreprises et initiatives ont été mises de l’avant lors du Gala de la diversité qui se tenait à l’école Du Phare.

« On s’est dit qu’il fallait reconnaître les entreprises et les milieux qui essaient d’intégrer les immigrants, résume Méthode Muhanuka, coordonnateur chez SAFRIE. Nous reconnaissons beaucoup d’entreprises qui donnent une première expérience de travail aux immigrants comme Sherweb. On reconnaît aussi des écoles parce que souvent les immigrants sont dans des classes d’accueil et il faut travailler fort. Il y a des écoles comme Jean-XXIII, des Quatre-Vents, et LaRocque qui font beaucoup d’effort pour que ces jeunes puissent s’adapter au système scolaire québécois. On reconnaît aussi le milieu du logement. Il y a des entreprises comme Gestion Immobilière Rainville, des coopératives d’habitations ou des HLM qui acceptent de prendre des immigrants dans leurs logements. »

Ce gala interculturel et festif clôturait la Semaine d’actions contre le racisme qui s’est déroulée du 15 au 23 mars.