Marianne Sabourin, Marco Terruzzin et Sarah Lia Girard Monteiro prenaient part à la foule réunie à Turin pour suivre sur grand écran la finale de la Ligue des champions de soccer lorsqu'une rumeur de bombe a créé un mouvement de panique qui a blessé plus de 1500 personnes.

Une jeune femme d'Ascot Corner prise dans un mouvement de panique à Turin

« Ton premier sentiment est une colère immense contre la bêtise humaine. Le deuxième est une réalisation terrible que des événements comme ça, ça se passe pour de vrai. »
Marianne Sabourin a vécu un véritable cauchemar samedi, alors qu'elle s'est retrouvée prise dans le mouvement de panique provoqué par des rumeurs de bombe à Turin, en Italie. Elle se trouvait parmi la foule qui s'était rassemblée pour suivre sur grand écran la finale de la Ligue des champions de soccer. Le mouvement de panique a fait plus de 1500 blessés. 
La jeune femme d'Ascot Corner était en voyage à Turin avec deux copains lorsqu'ils ont décidé de joindre la foule de fans des Juventus réunie à la grande place San Carlo.
Puis, sans avoir entendu quoi que ce soit - la panique semble avoir été provoquée par une explosion de feux d'artifice suivie de rumeurs de bombe selon l'Agence France Presse -, ils ont été emportés par une marée humaine.
« On n'a rien entendu donc on ne comprenait vraiment pas ce qui se passait », explique Marianne, en entrevue avec La Tribune.
Pris dans le mouvement, les trois amis n'ont eu d'autres choix que de se mettre à courir.
« Lorsque tout le monde s'est mis à courir pour évacuer la place, j'ai trébuché sur des gens qui étaient déjà tombés devant moi », raconte la jeune femme de 22 ans.
Finalement, le trio s'est retrouvé à l'abri dans un bâtiment public après une course effrénée.
« J'ai eu des coupures aux jambes et aux bras, car je suis tombée dans la piazza. Et le sol était couvert d'éclats de bouteilles de bière. Je crois que c'est d'ailleurs la principale source de blessures. Beaucoup de gens ont perdu des souliers et avaient les pieds en sang, ou les jambes et les bras s'ils étaient tombés dans leur course », témoigne Marianne.
Malgré l'état de panique généralisé, l'Estrienne affirme avoir été en mesure de garder son calme.
« Sur le coup, je suis restée très lucide pendant tout le temps que je me sauvais. Je me demandais où je pouvais me cacher, ce que je devrais faire si c'était vraiment des gens armés qui poursuivaient la foule », explique-t-elle.
« On dirait que j'ai rêvé »
Près de 24 heures après les événements, l'étudiante en enseignement de l'Université de Sherbrooke peine toujours à réaliser ce qu'elle a vécu.
« On dirait que j'ai rêvé. Je peux revoir toutes les images, mais ça semble irréel de revoir la véritable marée humaine terrifiée qui a littéralement fondu sur nous en quelques secondes », admet-elle.
Par-dessus tout, elle se considère chanceuse que ses amis et elle s'en tirent indemnes, surtout avec les attentats terroristes survenus à Londres, le même soir.
« Ça semble encore plus irréel d'apprendre qu'à peu près au même moment à Londres, il se passait des événements qui ont suscité des émotions similaires à celles que nous avons ressenties. Sauf que dans notre cas ce n'était qu'une mauvaise blague, et non un véritable acte terroriste », affirme Marianne, qui a d'ailleurs accepté de parler avec La Tribune pour sensibiliser les gens à ce que l'on considère impossible.
La jeune femme sera de retour au pays aujourd'hui, bien heureuse de retrouver sa famille. Malgré la gravité de l'événement qu'elle a vécu, elle conserve un souvenir positif de son voyage.
« J'ai eu un très beau voyage quand même, et je m'en tire relativement indemne. Je crois qu'on se considère juste vraiment chanceux, car tellement de choses auraient pu mal se passer », résume-t-elle.