La circulation dans les écoles en contexte de pandémie sera l’un des défis.
La circulation dans les écoles en contexte de pandémie sera l’un des défis.

«Une grande réorganisation» au secondaire

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Le fait que les classes demeurent les mêmes au secondaire pose plusieurs défis, notamment pour les options de cours et le déplacement des enseignants. « Au secondaire, c’est une grande réorganisation. Ça peut sembler banal pour ceux qui ne sont pas milieu, mais le fait que les profs doivent se déplacer de classe en classe, c’est un problème », image le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, Richard Bergevin.  

« En sciences, en arts, en français, les profs vont devoir trimballer tout le matériel, dans des écoles sur différents niveaux. Les ascenseurs ne sont pas prévus pour ça (...) Si on a 15, 20, 30 enseignants qui doivent se déplacer à la pause avec du matériel, ça peut être problématique. Toute cette mécanique, il va falloir que les enseignants se l’approprient. Je ne suis pas certain que les directions ont déjà toutes les solutions. On avait déjà demandé à ce que la rentrée soit retardée pour permettre la réorganisation, pour que les choses se fassent correctement et positivement. Le recul d’une journée, pour nous, c’est perçu positivement. » Richard Bergevin dit d’ailleurs s’attendre à beaucoup de réactions la semaine prochaine, alors que les enseignants retournent dans les écoles. Il estime que la même décision aurait dû être prise pour le primaire. 

Qu’arrive-t-il avec les cours à option, alors que le groupe-classe doit demeurer le même? « Pour l’instant, on n’a pas toutes les réponses », note M. Bergevin à ce sujet. « Si les centres de service respectent intégralement les directives du ministère et de la santé publique, présentement, un groupe devrait avoir tous les mêmes cours. Ou bien, ça peut arriver au 2e cycle du secondaire, particulièrement dans les options chimie-physique, ils peuvent décider de séparer le groupe en deux, mais ça demande du personnel et des locaux supplémentaires. »

Le directeur du secrétariat général et du service des communications du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), Donald Landry, note que dans les écoles secondaires sherbrookoises, des troncs communs ont été formés.

« Plusieurs n’ont pas leur premier choix d’option cette année, alors qu’habituellement on essaie qu’ils aient le premier ou leur deuxième choix, mais cette année c’est absolument impossible. Par exemple, un élève qui a pris maths fortes, il pouvait prendre les autres années, d’autres options que les sciences en cinquième secondaire.. Cette année, si tu prends maths fortes de 5e, c’est sûr que tu as chimie et physique. Si tu ne les veux pas, tu ne prends pas maths fortes. »

En Estrie, la très grande majorité des élèves seront en présentiel en quatrième et cinquième secondaire, même si Québec parlait d’une formule hybride entre présentiel et à distance pour ces jeunes qui s’apprêtent à terminer le secondaire. Sur le territoire sherbrookois, des élèves du Triolet font partie de l’exception : ils auront à la fois des cours en personne et quelques périodes à distance, note Donald Landry. 

Le CSSRS rappelle que le port du couvre-visage ou du masque est prévu pour les aires publiques intérieures, dans les déplacements et la circulation, jusqu’à ce que l’élève soit assis à son bureau en classe, jusqu’à sa table à la cafétéria pour manger, dans le transport scolaire et celui de la Société de transport de Sherbrooke. Les micro-ondes des cafétérias ne pourront pas être utilisés.

Les enseignants ont-ils certaines craintes par rapport à la gestion du port du masque, par exemple chez des jeunes qui ne voudraient pas en porter?

« La position qu’on a prise, c’est de dire que les experts de la santé publique doivent nous dire comment on doit procéder, répond Richard Bergevin. On peut toujours questionner, ça reste qu’on doit garder notre esprit critique de citoyens, mais on n’a pas raison de croire que la santé publique fait fausse route. On va demander autant aux centres de services, aux directions d’école et aux enseignants de respecter les consignes. Là-dessus, il y a des enjeux autant pour ceux qui sont dans chacun des extrêmes (aucun port de masque jusqu’à port du masque intégral). Il faut que les centres de service et les écoles réussissent à donner des cadres de travail sécuritaires pour les enseignants et les élèves. »