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Annie-Lyne Belleville
Annie-Lyne Belleville

Une fraudeuse reconnaît avoir menti au tribunal

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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À la toute fin des observations sur la peine pour les gestes de fraude envers son employeur qu’elle a reconnus, la fraudeuse Annie-Lyne Belleville a avoué, mardi, avoir menti au tribunal.

Emprisonnée au Centre de détention Leclerc à Laval depuis quelques semaines, Annie-Lyne Belleville, qui a fraudé la propriétaire de la clinique de soins esthétiques PO+ de Magog, la Dre Dorothée Garant, pour près de 100 000 $, passera encore plusieurs mois derrière les barreaux.

De sa cellule, mardi, la femme de 33 ans a reconnu avoir menti au tribunal en affirmant qu’elle disposait de 84 000 $ pour rembourser la victime.

« J’ai menti à la cour. Je suis désolée. Je veux mettre les cartes sur table », a indiqué Annie-Lyne Belleville qui n’est pas capable d’expliquer les raisons de son mensonge.

Elle affirme qu’il ne reste rien de la somme fraudée au Dre Garant, outre un montant de quelque 6000 $ saisi dans le cadre d’une poursuite civile entreprise par la victime.

Dans un jugement civil rendu récemment, il a été établi que la somme fraudée s’élevait à quelque 97 000 $.

« J’ai devant moi une personne qui me mentait éhontément, il y a encore quelques semaines. Devant moi, elle disait qu’elle avait un chèque chez elle pour rembourser. Devant les tribunaux, elle ne prenait pas encore ses responsabilités. C’est un élément extrêmement pertinent pour savoir si elle est sur la voie de la réhabilitation », a signalé la juge Claire Desgens, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras insiste sur les mensonges faits par l’accusée non seulement devant les tribunaux, mais aussi devant un agent de probation puis la psychiatre judiciaire.

« Il n’y a pas de réhabilitation. Ça me fait craindre pour un risque de récidive », signale Me Belgharras qui plaide pour qu’une peine de 18 mois soit imposée.

« Je suis offusquée d’avoir entendu Mme Belleville dire qu’elle a menti à la cour. Il y a eu des mensonges. Elle avoue avoir menti aujourd’hui, mais c’est trop peu trop tard », ajoute Me Belgharras.

L’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique a demandé de tenir compte du temps de détention provisoire et surtout de la quarantaine imposée à l’accusée à son arrivée en prison. Elle plaide pour l’imposition d’une peine de neuf mois de prison, mais en insistant sur le fait que la juge n’impose pas une peine de plus d’une année.

Les faits

La Dre Dorothée Garant a eu des inquiétudes en octobre 2017 concernant son employée Annie-Lyne Belleville. Ses soupçons ont culminé un mois plus tard par le congédiement de la fraudeuse puis la plainte criminelle. 

L’accusée annulait des factures sur le terminal pour rembourser des clients en 2016 et 2017, alors que jamais Dre Garant n’en effectuait. 

Un montant de plus de 30 000 $ en argent comptant n’a pas été déposé par la fraudeuse à la fin des journées. Une fraude avait aussi été effectuée entre les terminaux de paiements de la clinique de soins esthétique de Dre Garant et celui de la vente de crème d’Annie-Lyne Belleville pour un montant de plus de 44 000 $. Le montant des services rendus par le Dr Garant était déposé dans le compte d’Annie-Lyne Belleville par cette dernière. 

Annie-Lyne Belleville a aussi utilisé la carte de crédit de la clinique de la Dre Garant pour effectuer des achats pour sa propre entreprise pour un montant de près de 19 000 $. La victime, la Dre Dorothée Garant avait témoigné s’être sentie brisée, trompée et trahie par le crime commis par son adjointe administrative en qui elle avait placé sa confiance. 

En attente de sa peine en novembre dernier, Annie-Lyne Belleville s’est désorganisée. 

Elle a été soignée en psychiatrie l’égale avant de prendre la direction de la prison après avoir été déclarée apte à affronter la fin du processus judiciaire.

Lors de son témoignage, mardi, Annie-Lyne Belleville s’est plainte des conditions de détention à son arrivée où elle a été placée en quarantaine pour les 14 premiers jours. Elle a signalé que sa cellule n’avait pas été nettoyée, qu’il faisait très froid dans sa cellule et qu’elle a eu droit à quatre douches froides en 14 jours. Elle signale ne pas avoir eu accès à des vêtements chauds avant huit jours.

Annie-Lyne Belleville a demandé des cahiers d’exercices pour travailler à ses divers problèmes, dont celui en lien avec son crime de fraude.

La juge Desgens imposera la peine le 8 janvier 2021.