Le major André Morin, lors de sa formation militaire à l’École de guerre de Paris.

Une formation française pour le major André Morin

SHERBROOKE — Le commandant adjoint des Fusiliers de Sherbrooke, le major André Morin, s’est vu offrir une opportunité en or, rare dans une carrière de militaire. En août dernier, il a été le seul candidat canadien invité à l’École de guerre de France, dans le plus haut établissement de formation des officiers supérieurs des forces armées françaises.

Chaque année, l’École supérieure des officiers de réserve spécialistes d’état-major (ESORSEM) invite des militaires de différents pays alliés à suivre une formation à grande échelle, qui porte notamment sur les opérations militaires de planification française.

Le major Morin est celui qui s’est vu digne de la seule place réservée à l’Armée canadienne.

« C’est arrivé comme une surprise. C’est une grande fierté, mais en même temps une grande pression. Il y a 26 stagiaires français et on est 14 étudiants de neuf pays alliés, et je représente tout le Canada. Tu es là pour représenter ton pays et tu veux livrer une performance à la hauteur de la réputation de ton pays, c’était un stress positif », exprime-t-il.

Il faut dire que c’était une année chargée pour le major Morin. Il détenait plusieurs fonctions au sein du régiment, plus que ce qui lui est normalement demandé.

« J’avais plusieurs chapeaux, ce qui a été un peu demandant d’accomplir plusieurs fonctions importantes, ça fait plusieurs balles à jongler. J’ai réussi à livrer la marchandise, ce qui m’a valu cet honneur. En fait, le commandement m’a sélectionné. Mon commandant jugeait que je méritais cet honneur puisque j’ai visiblement bien performé», explique-t-il.

Puisque la formation se donne en français, il est certain que les soldats franco-canadiens ont de meilleures chances d’être sélectionnés. N’empêche que le dernier militaire de Sherbrooke ayant suivi ce cours de haut niveau est l’actuel commandant des Sherbrooke Hussars, en 2007.

Un riche bagage

Les trois semaines en France se sont très bien déroulées pour le major Morin, il a su faire honneur à son régiment et à son pays.

« J’ai eu la plus haute note du cours possible, ça a bien été. J’ai fait des petites erreurs à gauche et à droite, comme tout le monde. L’ensemble de ma performance, ce que je m’étais dit de faire, ç’a bien fonctionné », explique-t-il.

« Ce sont surtout des éléments de leur planification qui sont intéressants. Leur approche est très similaire à la nôtre, il y a certaines subtilités qui sont intéressantes à implanter à notre niveau. C’est aussi un échange culturel pour établir des contacts et être capable éventuellement d’opérer dans un cadre de l’Armée française. On essaie de regrouper les meilleures pratiques d’affaires. »

Le major André Morin est revenu à la maison avec un riche bagage. Sa bonne performance et son savoir lui permettront peut-être l’an prochain, de retourner à l’École de guerre, cette fois en tant qu’instructeur.