Émilie Paquet, secrétaire de l’école des Quatre-Vents, a mis sur pied une friperie il y a plusieurs années. Le projet a pris beaucoup d’ampleur avec l’aide des bénévoles, dont Isabelle Pellerin.

Une fée marraine qui habille les enfants

Vous pensez que les journalistes n’aiment raconter que les mauvaises nouvelles? Que non! Notre quotidien regorge de belles histoires. L’équipe de La Tribune se fait plaisir, aujourd’hui, en vous en racontant quelques-unes.

La friperie qu’a ouverte Émilie Paquet au sous-sol de l’école primaire des Quatre-Vents a des airs de magasin pour les enfants qui la fréquentent. De « magasin gratuit », doit-on préciser. Avec ce projet mis sur pied il y a quelques années par la dynamique secrétaire, une trentaine d’enfants sont habillés saison après saison. Et si on compte ceux qui bénéficient d’un coup de pouce ponctuel, on arrive à la centaine. Au fil des ans, l’initiative a pris une grande ampleur, grâce à la fée marraine de l’école et à ses bénévoles.

« Émilie, c’est un ange! » lance Micheline Bonneau, une surveillante qui donne un coup de pouce au fonctionnement de la friperie.

À regarder Émilie aller, on voit bien que son rôle est multiple. Tantôt, elle accueille des enfants au secrétariat en les nommant tous par leur prénom — pas toujours facile à retenir compte tenu de la mosaïque culturelle qui compose des Quatre-Vents. Un peu plus tard, elle mène l’entrevue en gardant un œil sur le tout mignon Mohammed, sorti de sa classe temporairement.

« J’ai dû commencer en 2006 ou 2007, se remémore Émilie. À la base, c’était avec le linge de mes enfants. Dans le temps, ils étaient encore petits! Les élèves ont de grands manques, de grands besoins : un pantalon de neige, un cache-cou... C’est devenu de plus en plus gros. »

L’initiative a eu des échos à l’extérieur des murs de l’établissement. Par exemple, raconte-t-elle, des élèves de Jardin-des-Lacs, à Saint-Denis-de-Brompton, ont organisé une collecte. Émilie Paquet reçoit aussi le soutien de plusieurs parents de l’Écollectif, dont les classes sont situées dans les mêmes locaux que des Quatre-Vents, qui compte deux pavillons. Lorsqu’un manteau ou des pantalons d’hiver ne font plus à leurs enfants, ils les emmènent à la responsable de la friperie.

Et c’est surtout de ça, principalement, dont les enfants ont besoin. Du linge chaud pour la saison froide. Quand il est arrivé du Cameroun, raconte Carambi Dimanche, il ne savait pas qu’il y aurait de la neige dans son pays d’adoption. Il a pu aller fouiner dans les vêtements. Des histoires comme celles-là, il y en a tout plein. « Ils ne sont pas toujours au courant que ça prend du linge chaud », note Mme Bonneau. « Les mitaines, ça se perd rapidement », image-t-elle en souriant. Une des bénévoles, Caroline Gosselin, transforme les foulards en cache-cous, plus pratiques avec les enfants. « Elle a dû en faire une cinquantaine », commente la chef d’orchestre de l’initiative.

Avant que l’hiver ne s’installe, la secrétaire a consulté ses collègues enseignantes des classes d’accueil afin de s’assurer que tout le monde ait ce qu’il faut pour affronter l’hiver bien au chaud. « Ça a commencé tout petit... et c’est devenu un gros magasin gratuit! »

S’il sert principalement aux enfants de l’école, il arrive que des membres du personnel d’autres établissements viennent y faire un tour pour répondre aux besoins d’un enfant.

L’endroit, qui a récemment été repeint, sert aussi de dépannage ponctuel. Un enfant a oublié ses pantalons d’hiver? Il a glissé dans l’eau? On se tourne vers la caverne d’Ali Baba... qui contient aussi un peu de matériel scolaire.

Et puis, ça donne un bon coup de pouce aux parents de famille monoparentale, note Isabelle Pellerin, qui en a elle-même bénéficié et qui est devenue bénévole. « Notre paie, ce sont les beaux sourires que ça donne », lance-t-elle.