André Beaupré

Une exposition de photos qui parle

Après un mandat de quatre mois en Palestine à titre de coopérant pour Oxfam-Québec, André Beaupré revient avec des histoires plein la tête, et surtout de nombreux clichés. Pour traduire sa pensée et rendre hommage à ce peuple en conflit, il crée sa première exposition de photos dans le but d’informer le public relativement aux droits humains.

Le Sherbrookois a pu cohabiter autant avec les Palestiniens que les Israéliens, en plein conflit politique. Il se donnait le devoir d’explorer les deux côtés du mur même si M. Beaupré travaillait à Ramallah, du côté Cisjordanie en Palestine. Il était en fait consultant en éducation aux adultes, il faisait de la formation aux partenaires d’Oxfam sur les méthodes d’enseignement. 

Avec la quantité de photo qu’il avait amassée, et l’expérience vécue dans le conflit israélo-palestinien, il a créé l’exposition Les deux côtés du mur, regard d‘un coopérant en Palestine.

« L’occupation israélienne, c’est assez intense. Tu le sens tous les jours. Quand on quitte le pays c’est la qu’on réalise que c’était gros, on vit une décompression. Dès les premiers jours tu vois beaucoup de gens qui marchent en boîtant, et tu réalises plus tard que c’est parce qu’ils se sont fait tirer des balles des genoux par les soldats israéliens », se souvient-il. 

M. Beaupré a déjà présenté ses photographies à Trois-Rivières et à Québec. Les deux événements se sont avérés une réussite et il prévoit même agrandir son exposition, en y ajoutant plus de clichés et même un aspect sonore. 

« Je voulais créer une installation pour que les gens essaient de ressentir l’effet du mur. Je voulais que les observateurs aient un sentiment du point de contrôle quand on traverse le mur. Là, tu es comme un animal à l’abattoir. Il y a plein de caméras qui t’observent. »

Il prévoit également discuter avec d’autres associations afin d’exposer à nouveau ses clichés, il aimerait entre autres pouvoir partager son travail aux gens de Sherbrooke.

L’appareil préféré de M. Beaupré est celui qui lui permet de capter des images 360 degrés. Cette photo fait partie de son exposition.

Expérience marquante

Avant ce voyage, qui aura littéralement changé sa vie, M. Beaupré travaillait au gouvernement fédéral en tant qu’expert en immigration depuis plus de 20 ans. Son travail l’amenait beaucoup à enseigner l’application sur la loi de l’immigration aux adultes. C’est avec les coupures au gouvernement des dernières années que les formations qu’il avait l’habitude de donner se sont transformées en cours en ligne. Il est donc devenu restreint au travail de bureau. Le contact avec l’humain, la partie préférée de son emploi, est venu à lui manquer. Il est donc retourné aux études pour une formation en coopération interculturelles. 

« À la suite de ça, j’ai pu avoir le contrat pour travailler en Palestine avec Oxfam. C’est une culture que je ne connaissais pas vraiment. C’est une culture cultivisme, tout est en commun. Le clan est important. Et la rencontre humaine là-bas, c’est quelque chose que j’ai énormément aimé. Revenir au bureau c’était comme... non, ça ne me convient plus. »

Il partira donc à l’aventure avec son appareil photo, à la rencontre d’autres cultures. Il prévoit d’autres projets afin de partager son expérience par la photographie oui, mais surtout pour éclairer les gens sur ce qui se passe ailleurs.