Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Céline Daunais-Kenyon, directrice de la maison l’Escale
Céline Daunais-Kenyon, directrice de la maison l’Escale

Une exception au couvre-feu pour les victimes de violence

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
« Lorsqu’il est question de vie ou de mort, de danger, de violence conjugale, rien ne doit empêcher une femme de quitter son domicile. »

La maison l’Escale de l’Estrie est prête à accueillir les femmes qui vivent une situation conjugale difficile avec leurs enfants qu’il y ait couvre-feu ou non; qu’il y a des places disponibles ou pas.

« Nous allons toujours trouver des solutions. La maison est pleine à Sherbrooke, mais rien ne nous empêche d’accueillir une femme et ses enfants qui en ont besoin. Il ne faut pas hésiter à nous contacter », assure la directrice de la maison l’Escale de l’Estrie, Céline Daunais-Kenyon.

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a précisé cette semaine que les femmes victimes de violence faisaient évidemment partie des exceptions au couvre-feu de 20 h à 5 h imposé par le gouvernement du Québec.

« Les femmes ne doivent pas hésiter à sortir de leur maison ou leur logement, qu’il y ait couvre-feu ou non. Les policiers vont être compréhensifs à ce sujet au même titre que quelqu’un qui se rend à l’hôpital », assure Mme Daunais-Kenyon.

Au chapitre des exceptions, le directeur de santé publique en Estrie Dr Alain Poirier a nommé un rendez-vous dans un établissement de santé pour un test ou un diagnostic ou encore un déplacement à la pharmacie pour une urgence, dans lequel cas on pourra montre la facture aux policiers si on se fait interpeller.  

« Si par exemple il y a une urgence médicale, ou une urgence conjugale, un risque ou un danger à l’intérieur de la maison, ajoute-t-il, il ne faut pas que les gens se disent “je n’ai pas le droit de sortir”. On pense à la violence conjugale ici ou à la violence faite aux enfants. Voilà des occasions évidentes où les gens peuvent réclamer de l’aide et sortir de la maison même entre 20 h et 5 h du matin. »


« Les femmes ne doivent pas hésiter à sortir de leur maison ou leur logement, qu’il y ait couvre-feu ou non. Les policiers vont être compréhensifs à ce sujet au même titre que quelqu’un qui se rend à l’hôpital. »
Céline Daunais-Kenyon

Céline Daunais-Kenyon rappelle que ce sont non seulement les femmes qui peuvent subir les conséquences d’une situation de violence conjugale, mais aussi les enfants.

« Les enfants sont doublement victimisés dans certaines situations. Je le répète, il ne faut pas hésiter à quitter un milieu violent et à communiquer avec nous en tout temps », assure Céline Daunais-Kenyon.

Elle signale que même si la maison d’hébergement pour femmes est pleine à Sherbrooke, tout un réseau de maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale est disponible.

« Nous avons une liste d’attente pour remplacer les femmes qui quittent la maison à Sherbrooke. Nous pouvons cependant trouver des places dans les autres régions. Nous ne laissons aucune femme chez elle », assure Céline Daunais-Keyon.

L’Escale de l’Estrie demeure toujours en attente de part de la subvention de 24 millions $ promise par le gouvernement Legault, dont 14 millions $ doivent être versés à la centaine de maisons d’hébergement d’urgence.

« Nous attendons encore cet argent. Ces sommes ont été annoncées en mars 2020, puis répétées en mai lors des douze jours contre la violence faite aux femmes. Pour notre part, le montant est d’environ 140 000 $ pour 2020. Cet argent sert aux services que nous offrons déjà, à gérer le quotidien. Ce n’est pas de l’argent pour développer de nouvelles places », signale Céline Daunais-Kenyon.

Par communiqué, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et ses 43 maisons membres lancent un appel à la vigilance et à la solidarité pour que la violence ne fasse pas davantage de ravages que le virus.

Dans un sondage mené par le Regroupement auprès de 87 femmes victimes de violence conjugale entre juillet et novembre 2020, le constat est sans appel : la violence s’est intensifiée, autant en fréquence qu’en gravité, durant le confinement. 

Les maisons d’aide et d’hébergement demeurent ouvertes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour accueillir les femmes et leurs enfants dans le respect des consignes sanitaires. La maison l’Escale peut être jointe au 819 569-3611 ou SOS Violence conjugal au 1 800 363-9010. Avec Jacynthe Nadeau