Le Cégep de Sherbrooke accueille depuis quelques jours une réfugiée africaine qu’un groupe d’étudiants et d’enseignants parrainent.

Une étudiante réfugiée parrainée au Cégep de Sherbrooke

Le Cégep de Sherbrooke accueille depuis quelques jours une réfugiée africaine qu’un groupe d’étudiants et d’enseignants parrainent.

Il y a des mois qu’un comité formé d’étudiants et d’enseignants travaille pour accueillir une personne réfugiée. La jeune femme africaine, qui parle le français, est arrivée en début de semaine. 

Negar Lahouti, d’origine iranienne, est l’une des étudiantes qui font partie du comité qui s’occupe du parrainage. L’étudiante de sciences humaines s’est impliquée pour préparer son arrivée. 

« Moi-même, personnellement, je suis réfugiée. Je suis arrivée au Québec il y a cinq ans. Quand je suis arrivée, des gens nous ont beaucoup aidés. Je voulais redonner moi-même à mon tour », dit celle qui a transité par la Turquie deux ans après avoir quitté l’Iran, pour ensuite s’installer à Sherbrooke avec ses parents. Tout y était complètement différent : la langue et la culture, la température... « Me faire des amis, m’adapter, c’était vraiment difficile », témoigne Negar, âgée de 19 ans. 

L’étudiante africaine peut compter sur beaucoup de soutien. Depuis son arrivée, des membres du groupe se relaient pour passer du temps avec elle et mener toutes les démarches nécessaires à son installation.

Elle fera son entrée officielle au Cégep lundi, comme les quelque 5600 étudiants lors de la grande journée de la rentrée. « C’est vraiment cool, ce qu’on fait. On est des étudiants qui aident une autre étudiante... elle va déjà avoir des amis! C’est quelque chose qui manquait dans mon parcours », souligne Negar.

« On va l’accompagner et essayer de passer le plus de temps 

possible avec elle. »

Le groupe est allé chercher l’étudiante à l’aéroport. « C’est vraiment intéressant pour les étudiants et les professeurs de voir le Québec dans les yeux d’une personne qui le découvre », souligne Christophe Allaire Sévigny, un des professeurs responsables du projet. L’initiative est née grâce à sa collègue professeure Valérie Dubé. 

Pour réaliser ce parrainage, les étudiants du Cégep de Sherbrooke ont haussé leur cotisation de 1,50 $ par session. Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS) a offert une aide de 10 000 $ sur cinq ans, tandis que l’établissement collégial paie la résidence pour la première année. La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) est aussi impliquée.

Pour mettre en place une telle initiative, le Cégep de Sherbrooke collabore avec Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), par l’entremise de son programme d’étudiants réfugiés (PÉR), déployé dans environ 80 campus canadiens. 

Le Cégep de Sherbrooke emboîte ainsi le pas à d’autres institutions sherbrookoises, comme Bishop’s et le Collège régional Champlain de Lennoxville et l’Université de Sherbrooke, qui parrainent aussi des réfugiés. 

« Ça fait deux ans que l’on travaille là-dessus, rappelle M. Allaire-Sévigny. Le projet, de la façon dont il est structuré, c’est d’accueillir chaque année une personne réfugiée. »

Une nouvelle demande de parrainage devrait être déposée cet automne.