La CSRS avait obtenu le feu vert pour l’agrandissement de l’école primaire Jean-XXIII en juin dernier. Plutôt que d’aller de l’avant avec ce projet, elle se tourne maintenant vers Québec afin de construire une nouvelle école en raison de la prévision des effectifs.

Une école primaire sur le terrain de l’école du Phare ?

Il pourrait s’agir d’une première sur le territoire de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) : une école primaire pourrait voir le jour sur le terrain de l’école internationale du Phare. La CSRS a déposé une demande au ministère de l’Éducation pour un projet de construction de 14 classes, évalué à environ 9 M$. Cette nouvelle construction remplacerait le projet d’agrandissement de l’école primaire Jean-XXIII, qui a déjà obtenu le feu vert de Québec.

« Ça nous permettrait de créer un projet sur des terrains que l’on a déjà », commente le président de la CSRS, Gilles Normand, en soulignant que le modèle proposé pourrait être agrandi jusqu’à 21 classes, tout comme à l’école C.

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Québec avait confirmé en juin une aide financière de près de 3,9 M$ pour le projet d’agrandissement de huit classes de Jean-XXIII.

Or, avec une révision des capacités d’accueil et de la clientèle potentielle, un déficit d’environ 15 classes a été constaté, en excluant l’agrandissement de 8 classes prévu à Jean-XXIII. Une demande d’ajout d’espace est donc déposée pour la construction de l’école « D ».

« La demande, on la fait dans le cadre des projets étudiés cette année. On s’attend à une réponse au printemps. Si ça se concrétise, il faudrait prévoir 2018-2019 pour la construction. L’école ouvrirait en 2019-2020 », explique Carl Mercier, directeur général adjoint à l’administration à la CSRS.

Les prévisions d’effectifs montrent qu’environ 350 élèves pourraient s’ajouter au cours des cinq prochaines années uniquement dans le quartier 4, celui de l’école internationale du Phare. Ces projections ne tiennent pas compte du développement urbain.

Pas d’inquiétude

Le fait de regrouper des élèves du primaire avec des jeunes du secondaire n’inquiète pas du tout l’organisation. « Les élèves viennent déjà pour toutes sortes d’activités, par exemple pour utiliser la piscine, le gymnase... Ils vivent déjà des transferts d’autobus au niveau des débarcadères. Ce n’est pas un volet qui inquiète », commente Patrick Levasseur, le directeur de l’école internationale du Phare, qui regroupe environ 820 élèves.

Gilles Normand souligne que ce genre de cohabitation existe ailleurs, notamment à Coaticook où l’école secondaire La Frontalière et l’école Mgr Durand se retrouvent à proximité. « Les élèves du primaire vont avoir leur cour d’école. » Le nouveau terrain synthétique serait contigu aux deux écoles.

Outre cette nouvelle initiative, la CSRS se croisera donc les doigts ce printemps afin d’obtenir un feu vert également pour l’agrandissement de l’école la Source-Vive d’Ascot Corner, un dossier qu’elle a placé en priorité dans ses demandes à Québec. Elle souhaite aussi obtenir de l’espace supplémentaire pour les écoles primaires Hélène-Boullé et Desjardins, de même que des gymnases pour Sylvestre et des Avenues.

Lorsqu’elle aura la réponse de Québec, la commission scolaire devra de nouveau redéfinir ses territoires d’appartenance, qui définissent quelle école est fréquentée par quel élève.

« Sur un horizon de cinq ans, ce sont presque toutes les écoles qui sont touchées », note M. Normand, en ajoutant que l’école des Quatre-Vents se retrouvera en manque de locaux d’ici environ un an. Selon les normes du Ministère, les établissements doivent aussi compter des locaux polyvalents, par exemple des locaux consacrés à l’enseignement de la musique, de l’anglais et de l’informatique, illustre Carl Mercier.

L’école C, sise à l’angle de la rue Matisse et du boulevard René-Lévesque, doit pour sa part accueillir ses premiers élèves à la prochaine rentrée scolaire.

La CSRS soumet l’école D au programme Lab-École

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) espère que le projet de l’école « D » sur le terrain de l’école secondaire internationale du Phare puisse bénéficier de l’expertise du Lab-École du ministère de l’Éducation. L’organisation a officiellement déposé sa candidature.

La construction de la nouvelle école D pourrait se faire en même temps que celle du terrain synthétique et de la piste d’entraînement si les projets sont autorisés par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), plaide la commission scolaire.

« On veut profiter de cette opportunité-là et aller le plus loin possible dans ce que l’on peut imaginer pour les élèves », commente Carl Mercier, directeur général adjoint à l’administration à la CSRS.

« Le fait d’avoir un terrain synthétique, ça rajoute aux possibilités. Ça devient encore plus intéressant pour un groupe de travail de se pencher sur une expérience comme celle-là. »

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a invité les commissions scolaires ayant soumis des demandes d’ajout d’espace à soumettre au Ministère leur candidature au Lab-École. Ce chantier a été lancé l’année dernière.  

Le Lab-École vise à rassembler des expertises de différents horizons afin de concevoir « l’environnement des écoles de demain ». Les membres fondateurs sont l’architecte Pierre Thibault, le populaire cuisinier Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie, dont le défi qui porte son nom est connu à travers la province.

Avec l’école D, la CSRS souhaite transformer sa demande initiale d’agrandissement de huit classes à l’école primaire Jean-XXIII en une demande de construction d’une nouvelle école dans le cadre du Plan québécois des infrastructures 2018-2028 du MÉES. Isabelle Pion