Ariane Roy-Ayotte
Ariane Roy-Ayotte

Une descente du coude à l’homophobie

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
IRIS Estrie profite de la journée de la lutte contre l’homophobie et la transphobie pour leur faire « une descente du coude, une souplesse et un finisher ! » L’organisme de prévention du VIH et des ITSS s’est en effet associé à l’Académie de lutte estrienne pour sa campagne 2020.

Une vidéo a donc été réalisée avec des lutteurs de l’Estrie et partagée sur les réseaux sociaux.

« On voulait lutter contre l’homophobie et les lutteurs ont embarqué, souligne Ariane Roy-Ayotte, directrice adjointe chez IRIS Estrie. Ils ont fait des capsules vidéo où ils font des prises de lutte à l’homophobie et la transphobie. C’est très rigolo et on espère rejoindre des jeunes à travers ça. »

Cette démarche s’inscrit dans un contexte de confinement qui peut être très néfaste pour certaines personnes, surtout les jeunes de la diversité sexuelle.

« Le confinement amène beaucoup de choses, explique Mme Roy-Ayotte. Ça peut être des jeunes qui manquent de réseau et qui sont à la maison avec des parents qui ne sont pas ouverts à leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Ça mène à des périodes de détresse psychologique intense. »

Le contexte de la COVID est également particulièrement stressant pour certains hommes plus âgés.

« Ça les ramène à l’époque du SIDA où il y avait cette crainte de ne pas toucher ou d’avoir de contact avec d’autres personnes, mentionne Mme Ayotte. Il y avait des campagnes de peur et certaines personnes ont vécu des traumatismes. En ce moment la crise du COVID, ça ramène certaines personnes dans cet état de peur. »

« On tolère plus qu’on accepte » 

Mme Roy-Ayotte craint que la COVID cause du recul sur plusieurs fronts.

« En ce moment, on fait juste parler de la COVID, explique-t-elle. Les gens sont encore plus renfermés et ma crainte c’est que lorsque la crise sera terminée, on retrouve des personnes qui ne voudront pas se dévoiler ou s’afficher parce qu’elles auront peur. Déjà en ce moment tout le monde se regarde et on n’ose pas se toucher. »

La situation dans les écoles est toujours à surveiller. Si certains milieux accueillent la différence, d’autres sont encore réticents.

« Quand l’école envoie le message que la diversité c’est normale et c’est correcte, il y a un impact immédiat chez les jeunes, indique Mme Roy-Ayotte, qui estime que la société tolère plus qu’elle accepte la différence sexuelle. Il peut y avoir des collants un peu partout ou même un local friendly pour la diversité. L’école va déteindre sur les étudiants. Quand une école nie cette diversité ou ne met rien en place, c’est là qu’on se retrouve avec des problèmes. »

« Si l’école ne démontre pas d’ouverture, le jeune ne fera pas son coming out à ce moment-là, résume-t-elle. Il le fera plus tard et pendant ce temps on se retrouve avec des jeunes en détresse. On fait beaucoup de sensibilisation parce que si le jeune fait son coming out plus tôt, les risques de détresse sont beaucoup moins élevés. »