Vêtues de blanc, les filles du Collège du Sacré-Cœur se sont réunies une dernière fois, le temps d’un souper.

Une dernière danse au Collège du Sacré-Cœur [VIDÉO]

Après les derniers examens de fin d’année de toute l’histoire du Collège du Sacré-Cœur (CSC), les élèves ont pris part au dernier événement de l’école, mercredi soir, un bal en blanc organisé par le parlement étudiant de l’institution. Pour l’occasion, les jeunes filles ont pu recevoir leur album de finissantes, sur lequel, à la dernière page, apparaît le mot « fin ».

Camille Rivard, députée de quatrième secondaire, et Gabrielle Bergeron, élève de cinquième secondaire et présidente du Collège, peuvent se réjouir du succès de leur événement. Beaucoup de jeunes filles et de membres du personnel enseignant se sont joints à la fête, qui se voulait une manière positive de conclure cette belle aventure qui aura duré 74 ans. 

« On se disait qu’après les examens, ce serait vraiment bien de se réunir tous les profs, toutes les étudiantes, de fêter ça en grand et de se dire une dernière fois au revoir. À l’unanimité, on s’est mises ensemble et on a commencé à organiser ça. On s’en occupe depuis deux ou trois mois », raconte Gabrielle Bergeron. 

« Ç’a vraiment bien été, car on sait que c’est la dernière fois, qu’il faut profiter de tous les moments à fond, enchaîne-t-elle. On se met un sourire dans la face et on en profite. »

La jeune femme est heureuse de terminer son secondaire à titre de présidente. « Je représente les filles en disant qu’on est contentes de finir ici au Collège, mais qu’on est aussi nostalgiques de voir cette école qui a de si belles traditions partir », dit-elle.

Un au revoir pour la quatrième secondaire

Une majorité de la classe de quatrième secondaire se retrouvera à la rentrée scolaire. Camille Rivard s’en réjouit, car ses amies et elle prendront le chemin du Séminaire de Sherbrooke. « On a décidé d’aller à la même école, sauf quelques-unes. Je ne vais pas vraiment perdre ma gang! On s’en va ensemble dans une autre école. »

Cependant, elle aurait aimé terminer son secondaire dans l’uniforme du CSC. « Quand je vois mes amies de cinquième secondaire finir, je me dis que j’aurais aimé que ce soit moi. Mais on n’a pas le choix de faire avec la vie. Le Collège, je l’ai tatoué sur le cœur. On va passer à autre chose, mais ça va toujours rester dans mes souvenirs », avoue Camille, sereine. 

Enseignante depuis 25 ans — dont 24 au CSC —, Anne-Marie Malouin a aussi tenté de profiter de chaque moment depuis l’annonce de la fermeture le 6 février dernier. « Je suis allée voir beaucoup de sport. Je suis allée voir pas mal tous les derniers matchs de basketball, de soccer, de futsal, de touch-football. C’est important pour moi de voir les élèves vivre leur fin de parcours. C’était difficile pour elles de terminer leur sport au CSC. Pour le reste, on reste professeur, alors je les ai préparées du mieux que j’ai pu pour les examens. Il faut garder le focus là-dessus », explique-t-elle. 

Cette fin d’année a une saveur particulière. « Nous sommes toutes des finissantes, les enseignants y compris. Bizarrement, elles savent plus où elles s’en vont que nous. Nous, on n’a pas de jobs. C’est comme à l’envers. Avant, nous on restait ici et les secondaires 5 s’éparpillaient. Ça c’est différent », décrit l’enseignante de mathématiques. 

Vêtues de blanc, les filles du Collège du Sacré-Cœur se sont réunies une dernière fois, le temps d’un souper.

Pour le directeur général par intérim Raymond Lepage, il n’a pas été facile d’annoncer la fermeture de l’école. « Si [mon mandat] avait été de fermer l’école, je ne l’aurais pas accepté. Le mandat était à deux niveaux. Le premier était de faire une relance du CSC en trouvant des alternatives pour qu’il puisse continuer. Le temps a joué contre nous. La structure d’une coopérative fait en sorte que ce n’est pas évident de tenter de se restructurer (...) Je me suis vite rendu compte que c’était impossible avec le temps qu’on avait. »

Le directeur d’expérience est fier de la réaction des étudiantes et du personnel. « Il y a une belle résilience. Les filles ont été très solidaires, elles se sont serré les coudes. L’équipe-école a été superbe jusqu’à la fin, impliquée, engagée, comme s’il allait y avoir une autre année scolaire. Ça m’a touché, j’ai connu une autre école avant où c’était tissé serré, mais ici, ça m’a vraiment épaté », résume-t-il.

Vêtues de blanc, les filles du Collège du Sacré-Cœur se sont réunies une dernière fois, le temps d’un souper.